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 « Biens mal acquis » : le procès de Teodorin Obiang reporté au 19 juin

  4 janvier 2017 à 21h30min 0 Commentaire(s)


Le parquet national financier et l’avocat de l’association Transparency International William Bourdon dénonce des manœuvres « dilatoires ».

Accusé de s’être frauduleusement bâti un patrimoine considérable en France, l’Equato-Guinéen Teodorin Obiang, a obtenu, mercredi 4 janvier, un report de son procès. Celui-ci aura finalement lieu du 19 juin au 6 juillet, a décidé le tribunal correctionnel de Paris, accédant à la demande de report de la défense de M. Obiang. Ce dernier avait notamment fait valoir que ses avocats n’avaient bénéficié que d’un délai de huit semaines pour préparer l’audience. Neuf audiences sont prévues devant la 32e chambre du tribunal.

Le parquet national financier et Me William Bourdon, l’avocat de l’association Transparency international, qui avait porté plainte en 2007, s’étaient vigoureusement opposés à la demande de report, dénonçant des manœuvres « dilatoires ».

La présidente du tribunal avait insisté aussi lundi sur l’impact de la décision rendue en décembre par la cour internationale de justice, qui a autorisé la procédure française contre M. Obiang. Si elle n’a pas suspendu la procédure contre lui (comme le lui demandait la Guinée équatoriale), elle a prié d’assurer l’inviolabilité du luxueux immeuble parisien de M. Obiang présenté comme des locaux diplomatiques, puisqu’il est vice président de la Guinée équatoriale depuis juin 2016. Cette décision interdirait l’exécution d’une éventuelle mesure de confiscation, encourue par le prévenu.
Nombreux recours

Ancien ministre de l’agriculture et des forêts, Teodorin Obiang est poursuivi pour « blanchiment d’abus de biens sociaux », « détournement de fonds publics », « abus de confiance » et « corruption ». Il encourt jusqu’à dix ans d’emprisonnement et une amende qui pourrait atteindre 50 millions d’euros. L’enquête a été ouverte après des plaintes des associations Sherpa et Transparency International.

Le prévenu a multiplié les voies de recours. Mis en examen en 2014, il a essayé en vain de faire annuler les poursuites à son encontre, invoquant son statut à l’époque de deuxième vice-président de Guinée équatoriale, qui lui octroyait à ses yeux l’immunité.
Mais la Cour de cassation avait estimé que les faits reprochés avaient été commis à « des fins personnelles », relevant de sa vie privée et donc détachables des fonctions étatiques protégées par la coutume internationale.