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A Kinshasa, siffler la fin du mandat de Joseph Kabila, au péril de sa vie

  3 janvier 2017 à 22h51min 0 Commentaire(s)


Les jeunes des mouvements citoyens de RDC se sont procurés des milliers de sifflets de fabrication chinoise, et en ont fait une arme de guerre.

Au marché de Sélembao, à Kinshasa, quatre jeunes hommes discrets sont à l’affût d’un petit objet désormais très prisé et redouté. Parmi eux, Héritier, souriant et stylé avec son joli pantalon coloré, ses claquettes de piscine, son sac à dos d’étudiant et ses tatouages dans le cou. Malgré sa démarche décontractée, Héritier est prudent. Il scrute la présence d’éventuels agents de renseignements qui, dans tout Kinshasa, se fondent dans la foule. Le voilà qui s’approche d’une vendeuse congolaise de produits chinois.
– Maman, il te reste des stocks de sifflets ? – J’en ai plus un seul. Mais pourquoi tu veux tant de sifflets ? – Pour les fêtes de fin d’année.

Héritier trouve finalement son bonheur dans un de ces magasins tenus par des commerçants indiens où l’on trouve des biscuits, de la crème pour éclaircir la peau des dames, des produits électroménagers et des sifflets vendus par lots de 25, à moins de deux dollars. Héritier sort une épaisse liasse de francs congolais qui ne valent aujourd’hui plus rien, et en prend 600. Fatigué, mais pas dupe, le vendeur indien tend les paquets de sifflets à ce drôle de client qui n’a qu’une envie : déguerpir.

Dans la capitale de la République démocratique du Congo (RDC), ce petit objet en plastique qui produit des sons aigus est devenu politique. Un outil de contestation, une métaphore du fin de mandat du président congolais, avec le peuple comme arbitre qui s’époumone à siffler la fin du match. Les activistes kinois opposés au « glissement » de Joseph Kabila s’enorgueillissent d’être parvenus à faire siffler...
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