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A Washington, une marche pour les droits des femmes en forme de défi à Trump

  21 janvier 2017 à 22h36min 0 Commentaire(s)


Pour son premier jour complet en tant que président des Etats-Unis, Donald Trump a été accueilli par une immense manifestation sous sa fenêtre et des centaines d’autres aux Etats-Unis et dans le monde, autant contre sa personnalité que contre sa politique.


Pour son premier jour complet en tant que président des Etats-Unis à Washington, Donald Trump, a été accueilli par une immense manifestation à l’appel du collectif Women’s March, pour dénoncer à la fois son mépris affiché envers les femmes et, plus largement, la politique qui lui a permis de remporter la présidence. Des manifestations similaires ont lieu dans des 400 autres villes américaines et dans 70 pays.

Née de discussion en ligne après la victoire de Trump en novembre, le réseau derriere la Women’n Match a officiellement pour « mission » de défendre le message que « les droits des femmes sont des droits humains ». À mesure que la manifestation prenait de l’ampleur, elle est devenue un point de ralliement pour tous ceux voulant montrer leur opposition non seulement à la victoire du républicain, mais à l’ensemble de sa politique et sa personnalité.
Nos journalistes Benoît Collet et Angeline Montoya sont sur place à Paris ; Stéphanie Le Bars, Pierre Bouvier et Nicolas Bourcier sont à Washington :

Aux Etats-Unis, immense rassemblement dans la capitale

La manifestation la plus importante a lieu dans la capitale américaine, quelques heures après l’investiture du président et, potentiellement, plus grande que cette dernière. Les organisateurs attendaient au moins 200 000 personnes sur la vaste esplanade devant le Capitole, où les milliers de slogans et de bonnets roses étaient visibles.

A la mi-journée, des responsables locaux, constatant que les transports publics étaient noirs de monde, estimaient que la foule pourrait dépasser les 500 000 personnes. De très gros rassemblements ont eu lieu à Chicago, à Boston ou New yorck .

De nombreux orateurs prendront la parole, comme Michael Moore qui s’est adressé à la foule en rigolant – « Bon, on a réussi à survivre la première journée » – leur a dit « d’appeler le Congrès tous les jours » et leur a ensuite fait scander le numéro à composer. On peut suivre les discours avec le Periscope ci-dessous.
En France, un défilé en solidarité

A Paris, près de 5 000 personnes se sont rassemblées place du Trocadero à l’appel d’une quarantaine d’associations féministes et des partis de gauche. Les slogans et les chants étaient souvent en anglais, parfois traduit à la hâte, et disaient, la même chose que les « manifestations sœurs » aux Etats-Unis : le rejet de Donald Trump et défendre les droits des femmes. « Avec son discours mysogine, j’ai peur que Trump autorise implicitement les hommes à se comporeter comme lui », explique Alexandra, une trentenaire, toute de rose vêtue.

A côté d’elle, Amy, une Américaine qui vit à Paris, est venue avec son mari et ses deux enfants. « Trump va abolir l’Obamacare, ce qui veut dire que les contraceptifs ne seront plus remboursés. Et en même temps, les républicains ne veulent pas de l’avortement, cest kafkaïen », explique-t-elle.

A Londres, 100 000 personnes « pour qu’ils sachent qu’on les soutient »
Les organisateurs de la manifestation londonienne revendiquent 100 000 personnes présentes sur Trafalgar Square et ses rues environnantes. Oliver Powell, un acteur de 31 ans interrogé par l’AFP, a résumé ce qui a fait descendre tant de gens dans les rues :
« Je veux que la majorité des Américains qui n’ont pas voté pour lui sachent qu’on les soutient dans le monde entier ».

En pologne , « c’est normal qu’on se solidarise avec les Américaines »
Environ 300 personnes ont manifesté devant l’ambassade américaine à Varsovie à l’appel de plusieurs organisations féministes, derrière le slogan de « Washington-Varsovie : même combat ». Les manifestantes sont venues aussi s’élever contre la « vague populiste mondiale » qui touche en premier lieu leur pays et menace, selon elle, les droits des femmes. Alicja Dziegielewska, une biologiste de 49 ans :

« Le président qui vient d’entrer en fonction avait une manière très inquiétante de s’exprimer sur les femmes et sur les droits des minorités en général. Et puisque les droits des femmes en Pologne laissent aussi beaucoup à désirer, nous devions nous solidariser et crier haut et fort que les droits des femmes sont un droit de l’homme. » .
Des manifestations dans plus de 70 pays

Les organisation de la Women’n March ont recensé plus de 670« manifestations sœurs » à travers le monde, avec des milliers de personnes à Amsterdam ou Genève, et des rassemblements plus petits de quelques centaines de personnes à Berlin, Rome, Lisbonne, Prague ou Durban. Décalage horaire oblige, les premières marches sont déjà terminées en australie et en Nouvelle Zélande, où des milliers de personnes se sont rendues devant les consultats américains.