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Anniversaire décès/Omar Bongo Ondimba, hommage et mémoire, 9 ans déjà… 

  8 juin 2018 à 22h40min 0 Commentaire(s)


Décédé le 8 juin 2009 à Barcelone en Espagne après quarante deux ans de règne à la tête du Gabon, l’action politique du défunt président a été marquée par la construction de l’unité nationale, la cohésion sociale, le dialogue et la paix.

Né le 30 décembre 1935 à LéwaÏ dans la province du Haut Ogooué au Sud-est du Gabon, Albert Bernard Bongo, de son nom de naissance, a fait de l’unité nationale, la cohésion sociale, la paix et le dialogue son crédo de gouvernance.

En 1966, il eut l’idée de créer un parti politique considéré comme étant un cadre de rassemblement de tous les gabonais. Une idée partagée au défunt Jérôme Okinda à Okondja (ville de la province du Haut-Ogooué) alors qu’il s’y trouvait pour un séjour. Elle se matérialisera dans la ville de Koula-Moutou, dans l’Ogooué Lolo au centre ouest du pays avec la collaboration de Jean Stanislas Migolet, un de ses compagnons.

La création de cette formation politique, qui visait à rassembler et unifier, a été motivée par le climat de division qui prévalait dans le pays et consécutif à l’existence de plusieurs partis politiques à caractère régionaliste dont le processus commença en 1946, avec le président Léon Mba et la création du Comité mixte gabonais (CMG) qui deviendra le Bloc démocratique gabonais (BDG).

Cette dynamique sera suivie de plusieurs leaders politiques opposants en l’occurrence Jean Hilaire Aubame qui créa, en 1947, l’Union Démocratique et Sociale Gabonaise (USDG). La Division était visible de sorte qu’entre 1950 et 1960, toute la vie politique du Gabon se déroula autour de ces deux hommes et de ces deux partis. Chacun s’efforçait de considérer ses soutiens politiques. Chaque parti avait sa propre base et ses fiefs politiques.


Jean Hilaire Aubame était surtout appuyé dans le Nord et quelques régions de l’intérieur du pays du fait de l’influence missionnaire, tandis que Léon Mba occupait les régions littorales, surtout à Libreville. Jean Hilaire Aubame pouvait compter sur les missionnaires et une partie de l’administration, tandis que Léon Mba était l’allié du colonat privé (des forestiers) qui contrôlaient l’économie. Chaque bataille électorale entre ces deux hommes et leurs partis donnait lieu à un affrontement indirect entre forces politiques.

Devenu respectivement directeur de cabinet et vice-président de la République, il accède au pouvoir le 28 novembre 1967 après la mort de son prédécesseur, Léon Mba. Une fois au pouvoir, il entame la matérialisation de sa vision politique axée notamment, sur l’unité nationale, la cohésion sociale, la paix et le dialogue par la création du Parti démocratique gabonais (PDG).

Une formation politique unique avec pour devise Dialogue, tolérance et paix qui devait réunir l’ensemble des gabonais au détriment des divisions. Celle-ci connu des adhésions massives dès son congrès de 1970 à Libreville à l’ancien lycée technique de Libreville, devenu aujourd’hui, Lycée Paul Indjendjet Ngondjout.

En 1989, la dynamique unitaire impulsée par le défunt président gabonais va se heurter au vent de l’Europe de l’Est, consécutif à la chute du mur de Berlin en Allemagne. Ce vent de la Liberté va favoriser la tenue des conférences nationales en Afrique francophone. Mais Omar Bongo jaloux et conservateur d’une vision d’unité nationale et de paix dont il était devenu l’initiateur, va s’opposer à la tenue de la conférence nationale qui devait conduire à l’instauration de la démocratie et au retour du multipartisme au Gabon.

Avec une forte opposition gabonaise, incarnée par père Mba Abessole, André Mba Obame et bien d’autres, établis en France, Omar Bongo, dans un discours prononcé à Bitam dans la province du Woleu-Ntem, au nord du Gabon, dira que « tant que je serai au pouvoir, il n’y aura pas de démocratie au Gabon ».

Convaincu par Ali Bongo et André Mba Obame, après plusieurs garanties obtenues après négociations, il finira par accepter et présider la tenue de la conférence nationale au Gabon, de janvier à avril 1990. Cette rencontre qui a vu la présence de son principal opposant, Paul Mba Abessole, a réuni tous les fils et filles du pays regroupés au sein des associations et mouvement à caractère politique.

Sanctionnée par « les actes de la conférence nationale », cette grande messe a permis l’avènement d’une nouvelle constitution avec des élections à deux tours et la création de nouvelles institutions dont la Cour constitutionnelle.

Avec une victoire contestée au sortir de l’élection présidentielle de 1993 où il était face à douze candidats, Omar Bongo appelle au dialogue entre l’Opposition et à la Majorité. Ce dialogue qui se déroulera à Paris, sera sanctionnée par des « accords de Paris », suivi de la formation d’un gouvernement d’union nationale. Le processus des dialogues a continué à la veille de chaque rendez-vous électoral pour permettre des élections apaisées. Ce fut le cas à Arambo en 2001 avec la concertation qui a conduit à la mise en œuvre de la biométrie dans le système électoral.

Dans sa logique du dialogue, Omar Bongo Ondimba a toujours milité pour la paix au plan national par le rapprochement avec ses adversaires politiques les plus farouches, notamment le président fondateur de l’Union du peuple gabonais (UPG), Pierre Mamboundou. À cela s’ajoute les médiations initiées ayant connu des succès au niveau international, dans le cadre des conflits en Afrique.

Plutôt que d’être un simple jour d’anniversaire, la commémoration du décès d’Omar Bongo devrait être un instant de réflexion pour l’ensemble des Gabonais. Précisons qu’une délégation, composée des membres du gouvernement et présidents d’institutions, s’est rendue à Franceville, capitale provinciale du Haut-Ogooué (Sud-Est), pour s’incliner et déposer une gerbe de fleurs au mausolée du défunt président. Des messes de requiem ont été organisées à cet effet.