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Après le putsch manqué : la société civile gabonaise appelle à éviter le chaos

  13 janvier 2019 à 09h20min 0 Commentaire(s)


Un pas de plus vers le chaos. C’est ainsi qu’un regroupement de la société civile a qualifié ce mercredi matin les événements de lundi 7 janvier dernier, durant lesquels un groupe de militaires gabonais a procédé à une tentative de coup d’Etat. 

Au lendemain du putsch manqué du lundi 7 janvier dernier à Libreville, les forces vives de la nation ne cessent de donner leurs avis sur la question. Dernier en date, la déclaration de la Plateforme nationale de la société civile du Gabon (PNSC). Une entité qui réunit des organisations que sont le Réseau des organisations Libres de la Société civile pour la bonne Gouvernance au Gabon (ROLBG), la Coordination du 12/12/2005, la Plateforme Tournons la page, le Club 90, le Réseau Femme Lève-Toi, et la Confédération syndicale Dynamique unitaire (DU).

Après avoir condamné toute prise de pouvoir par la violence, ces derniers, par la voix de Nathalie Zemo-Efoua, ont qualifié cet évènement « d’un pas de plus vers le chaos dans le pays ». 
De fait, ces leaders de la société battent en brèche la version des faits du gouvernement qui parle d’un coup d’Etat tenté par « des plaisantins », et y voient des causes plus profondes qui peuvent entraîner le pire.

« La PNSC s’étonne que le Groupement d’intervention de la Gendarmerie nationale ait vraisemblablement tué deux plaisantins, au lieu de les arrêter, de les entendre et de les juger conformément à la législation gabonaise en la matière. Face à un groupe de jeunes plaisantins n’ayant vraisemblablement posé au final pour tout acte qu’un appel au soulèvement, comment expliquer quatre heures de tirs et l’exécution de deux personnes ? Comment se fait-il qu’il n’y ait ni images ni témoignages populaires de l’arrestation et de l’assaut, alors que de nombreux compatriotes et quelques agents de la radio nationale étaient présents sur les lieux, à en croire les vidéos postées sur les réseaux sociaux dès leur déblocage, un jour plus tard ? Autant de questions qui amènent la société civile à remettre en question la thèse officielle d’un coup d’état », a expliqué la porte-parole. 

Il s’agirait beaucoup plus, selon ce regroupement, « d’un appel au soulèvement lancé par les jeunes militaires, et qui traduit le malaise profond qui règne au Gabon depuis au moins l’incident sanitaire du président Ali Bongo Ondimba à Ryad ». Ceci, doublé « du manque de patriotisme des responsables institutionnels et politiques à appliquer les dispositions relatives à la vacance du pouvoir ». 

Pour cette société civile, c’est la « seule condition pour éviter un nouveau feuilleton dans la marche actuelle vers un chaos inéluctable. La nature, comme le dit l’adage populaire, a horreur du vide ». 
Pour s’en convaincre, cette société civile s’est demandé si, « comme indiqué par le gouvernement, M. Ali Bongo se porte très bien, comment expliquer son absence et son silence deux jours après un coup d’Etat manqué ? » 

Pour finir, la PNSCS a « exigé la mise en place d’une enquête indépendante, en vue de déterminer la gravité des faits qu’auraient commis les jeunes militaires accusés de putsch. Que ces derniers aient droit à un procès équitable et transparent, et que l’opinion nationale et les familles des deux personnes déclarées mortes sachent les circonstances précises des décès ».

Marcel Libama, représentant Dynamique unitaire à cette déclaration, et nommément cité dans l’appel à l’insurrection des mutins, a aussi été interrogé sur son implication ou pas dans cet acte. Il a nié tout lien avec ces militaires. Non sans sous-entendre qu’il partage leur message politique du changement. Si ce syndicaliste s’est dit menacé de mort depuis ce coup d’Etat manqué, il appelé à ce que ces menaces à l’encontre des membres de la société civile cessent.