ACCUEIL > SOCIETE > Célébration au Gabon de la journée mondiale de la liberté de la presse sur fond de contestations


Célébration au Gabon de la journée mondiale de la liberté de la presse sur fond de contestations

  3 mai 2018 à 22h17min 0 Commentaire(s)


« Médias justice et état de droit : les contrepoids du pouvoir », est le thème retenu cette année 2018, par les Nations unies, pour célébrer, à travers le monde, la 25eme édition de la journée mondiale de la liberté de la presse. Au Gabon, une conférence a été organisée à l’occasion à l’auditorium de la maison Georges Rawiri, siège de Gabon Télévision et Radio Gabon, deux médias en grève depuis le 30 avril 2018.

Malgré le mouvement de grève lancé par les journalistes du secteur public affectés à Gabon Télévision et sa Radio éponyme, le ministère de la Communication et le système des Nations unies au Gabon, ont célébré, ce 03 mai, la journée mondiale de la liberté de la presse commémorée sous le thème : « Médias justice et état de droit : les contrepoids du pouvoir ».
Cette journée, célébrée sur fond de contestations, a été ponctuée, par trois conférences sur les thèmes : « Liberté de la presse, accès à l’information et élection », « le système judiciaire, à l’appui d’un bon journalisme libre et sûr » et « la liberté d’expression en ligne : améliorer l’auto-régulation ».

Pour en débattre, Jean-Yves Ntoutoume représentant des journalistes, Stéphane Jackson représentant (Coordonnateur résident du Système des Nations Unies au Gabon), Hermann Pounah Christ, directeur de Cabinet du ministre de la Communication et Helmut Moutsinga Boulingui professionnel de la communication.
En choisissant la thématique de cette année, Stéphane Jackson, a expliqué que les Nations Unies ont voulu encourager la réflexion sur la contribution des médias et leurs professionnels à la réalisation des objectifs de développement durable, en particulier l’objectif 16 qui invite les États à ‘’l’avènement de sociétés scientifiques et ouvertes à tous aux fins du développement durable’’, mais également à ‘’ assurer l’accès de tous à la justice et mettre en place, à tous les niveaux, des institutions efficaces, responsables et ouvertes à tous’’.
En paraphrasant Audrey Azoulay, directrice générale de l’Unesco, Monsieur Jackson a indiqué : « Tout État de droit, respectueux des libertés individuelles, notamment des libertés d’opinion, de conscience et d’expression, repose sur une presse libre, indépendante, à l’abri de toute censure et de toute coercition », a conclu Stéphane Jackson.

Jean-Yves Ntoutoume, quant à lui, a dressé un tableau sur l’état de la liberté de la presse au Gabon. Pour lui, le meilleur repère reste le dernier rapport 2018 de Reporter sans frontière : « Ce rapport indique que le Gabon fait partie des trous noirs de l’information en Afrique. Notre pays a été classé à la 108e place comme en 2017 sur les 180 pays répertoriés par cette organisation non gouvernementale », a-t-il regretté. D’après lui, les professionnels des médias « exercent leur métier dans l’angoisse par des menaces judiciaires et des arrestations ».

Helmut Moutsinga Boulingui a relevé que le « paradis » proposé ou programmé par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme est encore loin de se dessiner dans plusieurs cieux.
À en croire M. Moutsinga Boulingui, le thème proposé, pour cette 25eme édition, oblige les professionnels de la communication à se pencher sur la réalité internationale avec un regard particulier sur le Gabon, en se demandant si les médias, si la justice et l’État de droit jouent véritablement le rôle de contrepoids face au pouvoir de l’État.

« Entrant dans le processus de l’information de l’opinion publique, les médias sont appelés ‘’4eme pouvoir’’ en raison de l’influence que la révélation des faits, les analyses ou commentaires peuvent avoir dans la promotion et la défense de la démocratie, ainsi que dans la consolidation de l’État de droit », a expliqué Moutsinga Boulingui.
Dans son exposé enrichissant, Helmut Moutsinga Boulingui, a indiqué, avec des éléments à l’appui, que la presse privée semble avoir marqué plus de points dans l’ambition de jouer le rôle de contrepoids du pouvoir de l’État.