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Chloroquine : Le Gabon va-t-il faire machine arrière et opter pour les plantes médicinales ? 

  26 mai 2020 à 23h05min 0 Commentaire(s)


Après avoir soumis plusieurs dizaines de patients Covid-19 au traitement à base de chloroquine et d’hydroxychloroquine, le Gabon pourrait retirer de son protocole thérapeutique ces deux molécules jugées inefficaces, voire nocives pour certains malades, selon la dernière étude de The Lancet. Les professionnels de la médecine à base de plantes pourraient à nouveau être sollicités.

 
La chloroquine et son dérivé l’hydroxychloroquine seront-elles bientôt bannies des hôpitaux du Gabon dédiés à la prise en charge des patients du Covid-19 ? Si rien n’est véritablement décidé à ce jour, il n’empêche que vendredi, la dernière étude de The Lancet a porté un sacré coup à ces deux molécules antipaludiques adoptées par plusieurs pays pour traiter le Covid-19. Les auteurs de l’étude parue dans la revue scientifique britannique ne sont pas parvenus à montrer l’efficacité de ces médicaments sur la santé des malades hospitalisés, mais y ont cependant vu un risque pour les patients pour lesquels les risques de décès et d’arythmie sont importants.

Au Gabon où plusieurs dizaines de patients Covid-19 ont été soumis au traitement à base de chloroquine et d’hydroxychloroquine dès fin mars, les autorités sanitaires songent désormais à y regarder de plus près. « Nous allons nous asseoir pour voir s’il faut continuer avec la chloroquine, si elle doit être administrée dans certains cas ou s’il faut la retirer dans le protocole thérapeutique national », annonce le porte-parole du Copil coronavirus, tout en promettant une communication du comité scientifique sur le sujet dans les prochains jours, voire les prochaines heures.

En France, à la suite de l’étude de The Lancet, le gouvernement a demandé au Haut conseil de la santé publique de réviser les « règles dérogatoires de prescription » de l’hydroxychloroquine et de la chloroquine. Pour beaucoup, même si des contradictions peuvent être apportées à l’étude britannique, les autorités gabonaises devraient plus que jamais associer à la réflexion les spécialistes de la médecine à base de plantes.
D’une dizaine en mars, le nombre de patients Covid-19 sous traitement à base de chloroquine ou d’hydroxychloroquine avait triplé et même quadruplé en avril. Depuis, le nombre de cas testés positifs (près de 2000) et celui des patients hospitalisés ont explosé.