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Ciciba : Plus deux 2 déjà que les agents sont en detresses 

  9 mai 2020 à 21h19min 0 Commentaire(s)


Réduits à l’état de mendiants depuis de longs mois, les agents du Centre international des civilisations bantu (Ciciba) n’ont pas régulièrement été rémunérés ces dernières années, au point que l’un d’eux a récemment perdu la vie faute de moyens pour se faire soigner. Ils n’ont pas touché leur salaire depuis 24 mois et en appellent désormais à l’intervention du président de la République
 
37 ans après sa création, « rien ne va » au siège du Ciciba qu’abrite le Gabon. La plupart des 11 États membres fondateurs semblent avoir tourné le dos à cette institution s’étant donné pour mission de préserver et de promouvoir la culture bantu. A côté de la quasi-inactivité du centre, « le personnel local croupit dans une misère qui ne s’explique pas », dénonce le porte-parole de circonstance des agents du Ciciba.

« Des pères et des mères de famille que nous sommes ne percevons pas convenablement, voire pas du tout, notre salaire depuis 2018. Ça fait donc 24 mois que nous ne percevons aucun radis », déplore Jean Gabin Nze qui dit avoir gardé le silence malgré cette situation difficile ayant coûté la vie, le 28 avril dernier, à un des leurs, faute d’argent pour se faire soigner.

Fortement impactés par la crise sanitaire actuelle et craignant de ne pas bénéficier de l’aide alimentaire fournie par l’Etat, parce qu’aucun d’eux n’est enrôlé ni à la CNSS ni à la Cnamgs, les agents du Ciciba en appellent désormais à la plus haute autorité du pays pour qu’elle leur vienne en aide. « Nous avons des enfants que nous ne pouvons plus scolariser, nous sommes pour la plupart locataires, nous devenons la risée de nos quartiers respectifs, nous sommes devenus des clochards », énumère Jean Gabin Nze pour qui la situation actuelle vécue par ses collègues et lui-même s’assimile à une prise d’otage.

« Si on ne veut plus de nous, qu’on nous paie nos droits et nous nous occuperons ailleurs. Ça ne sert à rien de nous prendre en otage dans une institution sans nous payer », exhorte-t-il.