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Des îlots de brousse en pleine ville

  17 septembre 2015 à 23h14min 0 Commentaire(s)


Olim arena, hodie, urbs, devise latine de Port-Gentil : autrefois une plage de sable, aujourd’hui ville à part entière. Cinquantenaire depuis longtemps, nommée du nom d’Émile Gentil, la cité a connu un développement exponentiel à tous points de vue. Se forgeant une place parmi les villes les plus coquettes du pays. Une image qui mériterait d’être préservée.

Malheureusement certains comportements déteignent ce cliché. Effet, dans la ville, au centre-ville tout comme à la périphérie, on note la poussée des îlots de brousse. On en trouve, par exemple, derrière la poste, entre le camp de la gendarmerie et l’ancienne maternité, à côté du célèbre restaurant « Le rétro »…

L’État est propriétaire d’une partie, l’autre revenant aux privés. Nombreux sont des terrains non viabilisés, d’autres de vieilles bâtisses abandonnées, ou celles qui sont en construction mais dont les travaux sont arrêtés depuis des années sans que les propriétaires ne viennent assurer l’entretien des lieux. « De plus en plus, les Gabonais ont du mal à construire. Les matériaux coûtent toujours aussi cher qu’avant, malgré les mesures annoncées sur la baisse des coûts », relève, pour justifier la situation, un compatriote qui regrette que le prix du bois, en dépit de l’interdiction des exportations des grumes demeure élevé tout comme celui du ciment « made in Gabon », paradoxalement plus cher que celui importé de Chine.

« Il y aura toujours des terrains non valorisés tant que des mesures visant à encourager l’accès au logement ne sont pas mises en musique », ajoute un autre résident qui déplore continuellement cette situation.

En l’état actuel des choses, c’est l’environnement qui prend forcément un coup. De plus, ces maisons et terrains abandonnés, ajoutés aux nombreuses épaves de véhicules qu’on rencontre dans plusieurs rues parfois non éclairées, représentent un danger évident pour la population. Parce que judicieusement exploitées par des bandits qui écument la cité et en font leurs refuges. Prétendre juguler le banditisme, en écartant ce volet de la lutte est un combat voué à l’échec.

Les autorités compétentes devraient au bout d’un certain nombre d’années, comme le stipule la loi, recenser ces terrains non valorisés et les redistribuer à ceux qui sont dans le besoin, plutôt que de garder la capitale économique dans cet état.