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Dialogue Politique : la contribution des institutions et des dignitaires de la République

  13 avril 2017 à 23h46min 0 Commentaire(s)


Invités à se prononcer sur le fonctionnement des institutions dont ils ont la charge pour leur rôle dans la bonne marche de la démocratie et la consolidation de l’unité nationale, les présidents des institutions de la République, ont émis mercredi à l’occasion de l’ouverture de la phase politique du dialogue, les pistes de solutions en vue d’aider les acteurs politiques à aboutir aux conclusions allant dans le sens des reformes.

Lancés le 28 mars dernier par le président de la République, Ali Bongo Ondimba, les travaux du Dialogue Politique se poursuivent. Le tour est revenu, mercredi, aux acteurs politiques de rentrer dans la danse des travaux avec les communications, treize au total, des présidents des institutions constitutionnelles, Cour Constitutionnelle, Sénat, Assemblée Nationale, CNC, CND, CES, Médiateur de la République, anciens premiers ministres et les confessions religieuses.

Dans sa communication, la Présidente du Sénat, Lucie Milebou Aubousson propose une réforme du parlement gabonais afin qu’il joue pleinement son rôle. ‘’ Le parlement doit d’abord s’acquitter efficacement des missions qui sont les siennes et que lui confère notre loi fondamentale’’, a-t-elle précisé. Pour elle, l’institution dont elle a la charge doit être transparente, accessible, efficace et responsable.

Le Conseil économique et social (CES) s’inscrit dans cette vision du pays que veulent marquer la société civile et les acteurs politiques. En effet, sa présidente, Georgette Koko, propose la modernisation de cette institution pour qu’elle s’arrime à la vision du président de la République, celle d’avoir des institutions fortes et efficaces. Il s’agit de revisiter le cadre juridique de l’institution, la révision à la hausse des dotations budgétaires et faire aboutir le projet de décret portant réorganisation des services administratifs.

Le président du Conseil national de la démocratie (CND), Séraphin Ndaot Rembogo propose qu’il faut élaborer un code de bonne conduite à l’usage des acteurs politiques ; établir des procédures et modes de règlement des conflits entre acteurs politiques ; réduire les mandats des membres de la Cour Constitutionnelle ; maintenir le septennat mais renouvelable une seule fois.

La Médiatrice de la République, Laure Olga Gondjout, suggère l’adoption des textes d’application de l’institution du médiateur ; l’attribution d’un siège décent, accessible et sécurisé ; l’amélioration de la coopération avec le gouvernement.

L’Assemblée nationale, par la voix de son président, Richard Auguste Onouviet, propose pour sa part le retour de ses rapports avec le gouvernement conformément à la Constitution. ‘’ Il apparaît judicieux de revenir à la lettre et à l’esprit de la Constitution en ce qu’il concerne la pratique des ordonnances.

Leur nombre, les conditions de leur examen et l’importance des matières qu’elles visent pourraient susciter le sentiment que le gouvernement esquive le débat parlementaire’’, a indiqué le président de l’institution.
Contrairement aux autres institutions, la Cour Constitutionnelle émet par contre des regrets, lesquels seront corrigés par les acteurs politiques lors des débats.

Il s’agit pour son président, Marie Madeleine Mborantsouo de l’incinération des bulletins de vote aussitôt après le scrutin ; la négligence des scrutateurs dans la tenue des listes des émargements ; le refus des principaux acteurs politiques et des candidats de s’imprégner des dispositions législatives et réglementaires qui régissent l’élection ; l’absence de prise de conscience des citoyens du rôle important qui est le leur de garantir la fiabilité des listes électorales.

Bien au-delà des mots, la présidente de la Cour Constitutionnelle souhaite que soit opérée, dans les esprits des gabonais et particulièrement ceux présents au dialogue, une véritable transformation de mentalités. ‘’ Les réformes que vous aurez à opérer sur l’ensemble de nos institutions vont indubitablement se révéler positives.

Mais elles ne contribueront véritablement à la consolidation de l’Etat de droit démocratique dans notre pays que s’il s’opère une réelle réforme des esprits et des mentalités, si nous nous accordons tous, dans un mouvement commun, pour faire vivre dans notre dispositif institutionnel les grands principes qui ont habité le constituant en 1990, a conclu Marie Madeleine Mborantsouo.

Pour le président du CNC, Jean François Ndongou, des réformes doivent être faites sur le mandat du président de la République, l’organisation des élections, le Sénat, l’Assemblée nationale, etc.

Même son de cloche pour la CENAP, Commission électorale nationale et permanente qui, du timbre de son président, René Aboghé Ella, pense qu’une redynamisation de l’institution électorale devrait viser à la rendre plus forte et plus professionnelle. Selon lui, ce travail aura le mérite de renforcer le socle légal et le statut de la CENAP, dont le mandat devrait être revu, non sans oublier sa volonté de voir cette institution impliquée dans le processus d’accréditation des observateurs électoraux.

Les communications se sont poursuivies avec celles des anciens Premiers ministres, Paulin Obame Nguema et Daniel Ona Ondo. Les confessions religieuses par l’entremise des facilitateurs, Francis Michel Mbadinga, le révérend Jean Jacques Ndong Ekouaghe et l’imam Ismaël Oceni n’ont pas manqué de marquer cette rencontre du sceau du Divin et de recommander des actions fortes pour que le pays retrouve son image.