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Double arrestation dans l’Ogooué-Ivindo

  28 décembre 2016 à 00h19min 0 Commentaire(s)


Trois hommes ont été interpellés en deux nuits dans les villes de Makokou et Mékambo, dans la province de l’Ogooué-Ivindo à l’Est du Gabon. Le butin est constitué de trois pointes d’ivoire d’un poids estimé à 6 kg et deux queues d’éléphant. Dans cette région qui compte quatre parcs nationaux, les espèces protégées sont la cible des pires trafiquants et braconniers alors même que le Gabon est clairement engagé contre ce type de trafic.

La deuxième arrestation a permis de mettre la main sur Saleh Aroun, un tchadien de 31 ans et Arnaud Enada, un Gabonais de 30 ans. Les faits se sont déroulés dans la nuit du mardi 20 décembre à Mékambo, à 200 km de Makokou.

Cette arrestation qui a été rendue possible grâce à la collaboration entre les Eaux et Forêts, le Tribunal de Makokou, la Police Judiciaire et l’ONG Conservation Justice est le résultat de l’exploitation d’une information parvenue à des agents assermentés. Pour que les trafiquants ne s’échappent pas, une équipe a été rapidement constituée.

A sa tête, madame le Substitut du Procureur de la République de Makokou. L’équipe quitte alors Makokou à 16h30 ce mardi. Direction Mékambo, à l’extrêmité de la province. Il faut, en cette période de pluie, quatre heures de route. C’est donc à 20h30 que l’équipe arrive dans le chef-lieu du département de la Zadié.

Dans les minutes qui suivent, les agents de la PJ présents enclenchent les recherches et les fouilles. C’est finalement aux environs de 23 heures que les dénommés Enada Arnaud et Saleh Aroun vont être pris à l’entrée de la petite ville. Ils ont sur eux trois pointes d’ivoire.

Le Tchadien Saleh Aroun est dans de sales draps en ce qu’il est un récidiviste qui aurait déjà été condamné au Congo pour les mêmes faits.

L’arrestation de ces deux individus est intervenue seulement vingt-quatre heures après une autre arrestation, fruit également de la collaboration entre les différentes parties prenantes de la lutte contre le trafic des espèces protégées telles que l’éléphant, la panthère, encore le pangolin.

Lundi soir, à Makokou, en effet, Urmand Landry Moana Nde Kakou n’a pas réussi à vendre ses deux queues d’éléphant, un produit qui aurait du lui rapporter une belle somme d’argent.

Grâce à la vigilance des Eaux et Forêts et de la Police Judiciaire, grâce aussi à la disponibilité du Parquet et de l’ONG Conservation Justice présents dans cette province, le jeune Urmand Landry Moana Nde Kakou a rendu les armes après avoir tenté de s’échapper.

L’arrestation de ce jeune gabonais a eu lieu à l’issue de plusieurs semaines d’enquête. Le temps passant, les informations se sont précisées. Cela a eu le mérite de mobiliser deux équipes constituées des agents des Eaux et Forêts, de la Police Judiciaire, de Conservation Justice et du Parquet de Makokou, en l’occurrence madame le Substitut du Procureur.

Les deux équipes vont être positionnées dans deux carrefours de la ville. La première au PAO ROSA et la deuxième à l’endroit même où la transaction devait avoir lieu, selon les informations en la possession des OPJ. C’est à cet endroit, au quartier dit « Mbolo », que le nommé MOANA NDE KAKOU Urmand Landry va être neutralisés par deux agents de la PJ. Il est 20h15. Le trafiquant qui a refusé d’ailleurs de coopérer détient encore des informations relatives à la fourniture des balles de type 458 utilisées pour le massacre des éléphants.

Le parquet de Makokou a donc deux flagrants délit de vente de trophées d’espèces protégées sous la main. Les deux hommes interpellés à Mékambo ce 20 décembre et le trafiquant arrêté à Makokou la veille seront déférés très rapidement. Arnaud Enada, Saleh Aroun et Urmand Landry Moana Nde Kakou risquent jusqu’à six mois de prison ferme. Dans un pays qui affiche de grosses ambitions pour la sauvegarde des espèces protégées, cette peine maximale n’est pas ou n’est que peu dissuasive.

Précisons à ce titre que Saleh Haroun avait déjà été arrêté et condamné au Congo à 5 ans de prison ferme, les sanctions y étant plus importantes. Il se réfugie maintenant au Gabon pour continuer son trafic. Une collaboration entre les deux pays pourrait permettre d’en savoir davantage.