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Droit de l’homme : La dignité humaine en question au Gabon

  16 décembre 2018 à 22h29min 0 Commentaire(s)


À l’instar de la communauté internationale, le Gabon a célébré lundi dernier, la Journée Internationale des droits de l’Homme. Si sur le plan national le thème retenu a été « La prison et le droit au développement au Gabon », au niveau mondial, il était question de mettre un accent sur le respect de la dignité humaine. Qu’en est-il véritablement de cette notion au Gabon.

La déclaration universelle des droits de l’Homme, dans son préambule, stipule que tout individu a droit à la vie. Et dans son article 4, il est stipulé que, « Tout individu a droit au respect de la dignité humaine ». A ce titre, chaque être humain a droit au respect inconditionnel de son intégrité physique et humaine sans distinction d’âge, ni de sexe, encore moins de son état de santé physique ou mentale, de sa condition sociale, de sa religion ou de son origine ethnique.

S’il faut se référer à la Constitution de la République gabonaise, celle-ci stipule que « Nul ne peut être humilié, maltraité ou torturé, même lorsqu’il est en état d’arrestation et d’emprisonnement », et que nous devons « agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité », autant de dispositions qui nous rappellent l’importance des droits humains. 

Cependant, il est loin d’être le cas au Gabon où ces principes fondamentaux seraient malheureusement bafoués dans certains cas. Les réalités vécues par les prisonniers en témoignent. Ce qui remet en cause le principe du respect de la dignité humaine tel que voulu.

Si le Gabon a le mérite de disposer d’un cadre juridique, visant à protéger et respecter les droits humains, il n’en demeure pas moins que le pays devrait consentir des efforts quant au respect des textes en vigueur. Car, les lois n’ont de valeurs que si elles sont respectées.

Pour bon nombre de gabonais, les principes de dignité humaine sont bafoués au quotidien par les hommes de lois. Les exemples récurrents qu’ils évoquent sont les pratiques policières décriées par tous dont le racket sur les taximen. Les conditions de détention des prisonniers, etc. La question de la dignité du détenu se pose toujours avec acuité. Les populations évoquent le piteux état des prisons, leurs surpopulations. Les violences faites aux femmes et aux enfants. Il ne se passe pas un jour sans qu’on ne parle de viols, de crimes.

Des exemples qui, si on ne rectifie le tir, ramèneraient les uns et les autres vers une forme primaire d’animalité. Le chemin à parcourir reste tortueux pour le Gabon. Tout mettre en œuvre en vue de parvenir à l’améliorer en ce qui est du respect de la dignité humaine serait l’idéal.