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Dynamique de la dette au Gabon

  1er janvier 2021 à 18h51min 0 Commentaire(s)


Après une tendance baissière sur le période 2016 -2019, le taux d’endettement s’est à nouveau inscrit à la hausse. Il convient d’indiquer qu’au cours des dernières années, la stratégie d’endettement visait la relance économique par l’investissement public avec un souci de maitrise des ratios d’endettement à moyen terme. Il importe de rappeler que la
surveillance multilatérale fixe le critère du taux d’endettement à 70% du PIB. Ce ratio fait intervenir, le stock de la dette et le Produit Intérieur Brut (PIB) qui est un indicateur de la richesse créée dans notre pays.

Après une augmentation mécanique en 2016, le taux d’endettement s’est inscrit dans une tendance baissière. En effet, en vue d’améliorer le suivi et la transparence d-es statistiques de nos finances publiques, le Gouvernement a décidé depuis 2017 d’adopter
une approche plus large des engagements de l’Etat. C’est ainsi qu’à la dette traditionnel- -lement gérée dans les livres de la Direction Générale de la Dette se sont ajoutés les arrié- -rés de TVA, les Instances du Trésor et les avances statutaires de la Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC). La mise en application de cette décision a entrainé une augmen- -tation de près de 30 points du PIB entre 2013 et 2016 pour s’établir à 64% du PIB.

A la faveur des efforts de redressement mis en œuvre à travers des réformes struc- -turelles, l’encours de la dette rapporté au PIB se situait à 59% à fin 2019 . Ce qui traduit une baisse significative comparativement à 2016.

Cette orientation favorable de l’indicateur de l’endettement a été particulièrement contrainte par (3) facteurs qui ont entrainé une nouvelle dynamique à la hausse. Le premier s’inscrit dans le cadre du dialogue que le Gouvernement a instauré avec le secteur privé et qui a emmené au constat qu’un certain nombre d’engagements publics avaient été pris par les gestionnaires de crédits sans suivre la procédure budgétaire traditionnelle. C’est ainsi qu’un audit des dépenses extrabudgétaires des exercices 2015-2017 a été engagé. Les résultats provisoires dudit exercice ont été partagés en 2019.
Le second facteur a trait aux conséquences de la Covid-19 sur l’économie réelle. En effet, alors que nous anticipions une franche relance de l’économie, les effets négatifs de la propagation du coronavirus ont entrainé une contraction du PIB. La croissance réelle se situerait entre -1% et -2% en 2020 au lieu d’une prévision dans la loi de finances initia- -le à +3,6%. En d’autres termes, le PIB qui est le dénominateur du taux d’endettement s’est fortement contracté.

Le troisième facteur aussi lié à l’impact négatif de la Covid-19, est la faible mobilisa- -tion des ressources conjuguée à de fortes pressions sur les dépenses pour faire face aux besoins sanitaires, sociaux et d’accompagnement du tissu économique. Il a donc fallu recourir

à des emprunts pour combler les besoins de financement.
La combinaison de ces trois facteurs a induit une forte augmentation du taux d’endet
tement qui se situe à près de 70% du PIB à fin 2020.
Face à cette situation et faisant suite aux instructions de M. le Président de la Répu- -blique, une stratégie de gestion de la dette est en cours de mise en œuvre pour ramener le taux d’endettement autour de 50% à moyen terme. Celle-ci vise trois (4) aspects :

. (I) L’audit des engagements de l’Etat ; 

. (II) L’examen de toutes les options de reprofilage de la dette publique afin de 
desserrer la contrainte sur les recettes publiques courantes ; 

. (III) La relance économique qui vise une création de richesse plus importante 
permettant de générer les ressources budgétaires nécessaires pour honorer 
nos engagements et augmenter par la même occasion le Pib ; 


. (IV) Le paiement régulier des échéances de dette publique. 

Parmi les actions de ladite stratégie, il y a eu la constitution d’une une équipe multidis- -ciplinaire (Task force) au début du troisième trimestre2020. Afin d’avoir la certitude de payer la bonne dette, les travaux engagés par ladite équipe sont en cours d’achèvement. L’objectif ultime est de permettre à l’Etat d’accompagner les opérateurs en payant la vraie dette pour relancer l’activité économique. C’est dans cette dynamique que les créances de montants inférieurs à 100 millions ont connu un début de paiement.

S’agissant particulièrement de la dette envers les fournisseurs et prestataires locaux, l’inflation des prétentions sur cette dette sans commune mesure avec les effets visibles sur notre tissu économique a naturellement amené le Gouvernement à surseoir momentanément à son règlement. Le temps que la Task force finalise ses travaux dans le cadre d’une vérifica- -tion exhaustive et rigoureuse sur ces moratoires de l’Etat. Ce qui devrait déboucher sur un certain confort dans le paiement de la dette auditée.

Source / ministère de l’économie