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Ebola en RDC : le Gabon en alerte 

  11 mai 2018 à 18h52min 0 Commentaire(s)


Le ministre d’État, ministre de la Santé, Denise Mekam’ne Edzidzie a convoqué une réunion de travail, ce mercredi à Libreville, à laquelle étaient conviés tous les acteurs du comité d’éveil qui se déploient sur la question, afin de gérer l’alerte au risque modéré. Le comité d’éveil sanitaire sur la maladie a été réactivé.

La rencontre urgente fait suite à une lettre du ministre de la Santé du Congo, indiquant qu’il y aurait une alerte d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC). Pour le moment, elle est circonscrite dans l’aire de santé Ikoko Impenge, située dans la zone de santé de Bikoro dans la province de l’Equateur.

A cet effet, le ministre gabonais en charge de la Santé a réuni ses collaborateurs pour réactiver le comité d’éveil sanitaire sur la maladie. L’objectif est d’anticiper sur les mécanismes à mettre en place pour une meilleure protection des populations gabonaises.

« Quand on nous annonce une alerte dans un pays voisin, nous devons prendre nos dispositions pour prévenir, en anticipant notamment. Nous ne disons pas qu’il y a Ebola au Gabon, nous disons tout simplement que dans un pays frontalier, Ebola serait actif. Et donc au Gabon, au niveau du ministère de la Santé, nous avons intérêt à anticiper, à réagir et à voir comment nous pouvons gérer cette situation », a précisé le ministre de la Santé.

Selon le Dr. Demba Lubambo, représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au Gabon, chargé des opérations d’urgence (…), il est question, pour les pays voisins, de prendre les dispositions nécessaires en terme de préparation. « Dans l’analyse, le risque est élevé au niveau national, il est modéré au niveau régional et il ne l’est pas au niveau mondial. Donc, tous les moyens sont mis en œuvre pour juguler le risque très vite », a-t-il déclaré brièvement en précisant qu’ils poursuivent les efforts pour renforcer la surveillance épidémiologique.

Le Dr. Grégorie Biyoghe Obame, médecin épidémiologiste, directeur de l’Institut d’épidémiologie est, quant à lui, revenu sur les stratégies à mettre en place en cas d’alerte dans cette situation. « Dans un premier temps, nous allons renforcer la surveillance au niveau des portes d’entrée dans les aéroports, aux ports et aux frontières terrestres. Et par rapport à cette activité, il va falloir former les gens et renforcer ceux déjà formés ».

Pour Valère Edzang Zo’o, directeur de l’Institut d’hygiène publique et d’assainissement, la prévention est indispensable. Il a expliqué plusieurs mécanismes mis en place. « Nous sommes dans une situation où il y a aucun cas confirmé, ni détecté au niveau du Gabon. Donc, la préparation est celle-ci, il y a la mise en place d’un comité opérationnel de riposte avec un mécanisme d’activation et de coordination.

Nous avons le renforcement des capacités de surveillance épidémiologique au niveau des régions et départements sanitaires y compris les formations sanitaires et les frontières et au niveau communautaire. Nous aurons une mise en place d’un dispositif de détection plus efficace avec un mécanisme d’isolement et de prise en charge des cas », a-t-il dit.

Au terme des interventions, le ministre Denise Mekam’ne a sollicité de ses collaborateurs un plan de travail de riposte commun clair dans les 48 heures.