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En Afrique centrale, le taux d’électrification ne dépasse pas les 20% (expert)

  31 octobre 2017 à 22h13min 0 Commentaire(s)



Le taux d’électrification en Afrique centrale ne dépasse pas les 20%, ce qui veut dire qu’un habitant sur cinq seulement y a accès, selon le président du Pool énergétique sous-régional (PEAC), Joël Nana Kontchou.

Cette déclaration est contenue dans le rapport rendu public à l’issue de la réunion de ladite entité, tenue en début octobre dernier dans la capitale camerounaise, Yaoundé, qui constate que sur plus de 300 millions d’âmes vivant dans cet espace communautaire, plus de 125 millions n’ont pas accès à l’électricité.

Au niveau de l’espace couvert par le PEAC, la puissance électrique totale installée en 2017 est de 6500 mégawatts (MW), tandis que la puissance totale garantie s’élève à 6350MW dont 4750MW en hydraulique et 1650MW en thermique.

Aujourd’hui, a déclaré le président du Pool, seuls 5 pays, sur les 10 membres, disposent par ailleurs d’une agence de régulation électrique et, malgré les efforts réalisés ces dernières années, le système de distribution reste inadéquat, engendrant un besoin important en investissements que la situation financière des opérateurs ne permet pas de surmonter.

En clair, selon Joël Nana Kontchou, la sous-région, qui affiche un taux de desserte 1,08%, une consommation moyenne d’électricité de 108 kilowatt/habitant contre 740 en Afrique du nord et 1600 en Afrique australe, mais également un faible niveau d’interconnexion des réseaux électriques, « ne parviendra pas à accélérer la marche vers un accès universel à l’électricité sans améliorer la performance des réseaux de distribution ».

Reconnaissant l’existence d’une réelle volonté politique de valorisation du potentiel pour accroître rapidement les ressources énergétiques de l’Afrique centrale, en mettant en commun les moyens de production et de transport d’électricité des pays membres avec pour but de réduire les coûts et d’améliorer la sécurité d’alimentation dans l’intérêt des populations, il regrette « les réticences » exprimées par les Etats membres quant à l’impact de la démarche communautaire sur les politiques nationales des cadres réglementaires et institutionnels.

M. Nana Kontchou déplore également « l’insuffisante implication des Etats membres au processus de réalisation des projets d’intégration énergétique régionale ».
« Face à cette situation, il devient par conséquent impératif, pour nous, acteurs du secteur, non seulement de prendre le leadership dans le cadre des projets infrastructurels, structurants et transfrontaliers mais aussi de travailler plus systématiquement avec les gouvernements nationaux, les partenaires financiers traditionnels et le secteur privé. »

Tout en plaidant pour le passage de la dynamique des études de conception des projets vers une dynamique de réalisation, le président du PEAC croit aussi venue, le temps de favoriser et d’intensifier, au sein de la région les réseaux d’électrification transfrontalière et les réseaux interconnectés qui constituent les maillons indispensables de la construction du marché de l’électricité sous-régional.