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Forêt : Ali Bongo Ondimba fixe à 2022 le dernier délai pour se conformer à la norme FSC

  28 septembre 2018 à 08h50min 0 Commentaire(s)


Le label qualité Forest stewardship council (FSC), parmi les plus exigeants dans la filière Forêt-bois, devrait à cette date, selon le président gabonais, améliorer entre autres l’attractivité du secteur auprès des potentiels investisseurs et surtout garantir une traçabilité et une exploitation responsable des forêts du pays. 

Le président gabonais, Ali Bongo Ondimba a limité à 2022 la date butoir pour se conformer à la norme de certification FSC pour les exploitants forestiers exerçant au Gabon. Au détour d’une visite à la scierie de Rougier Gabon à Mevang (60 km de Ndjolé), le Chef de l’Etat s’est montré préoccupé par la capacité pour son pays de répondre au défi de la qualité dans la filière. La compétitivité impliquant l’observation des normes plus exigeantes en la matière commande, selon lui, « d’aller plus loin et nous adapter à la demande des marchés internationaux » en dépit de quelques signaux encourageants : « Nous sommes même contraints de nous distinguer. Je le répète, notre objectif est d’être parmi les premiers. Notre ambition est de jouer dans la cour des grands, et pour ce faire, nous devons nous donner les moyens d’y arriver », a-t-il confié.

Le Chef de l’Etat a menacé de retirer le permis forestier aux entreprises qui ne s’engageraient pas dans ce processus de certification, à l’échéance de 2022. Un compte-à-rebours qui fait craindre pour les petits exploitants forestiers, ceux des familles notamment, la fin de leur existence. Si les entités comme le Contrôle de l’Aménagement forestier et l’Agence d’exécution de la filière forêt-bois œuvrent pour le contrôle et l’exécution de cette mesure, Ali Bongo Ondimba a instruit le Gouvernement de lui proposer, dans les deux mois à venir, un plan d’action afin d’accompagner les exploitants à travers des dispositions.

Le potentiel du Gabon, estimé à 15,9 millions d’hectares de forêt engagée, est loin de la part qui lui revient. « Figurez-vous que la valeur des exportations du bois gabonais n’est que de 120 millions de dollars US par an, alors que la valeur des exportations des bois des cinq principaux marchés mondiaux (Etats-Unis, Chine, Japon, Allemagne et Royaume uni) est de 70 milliards US », a fait observer Ali Bongo Ondimba.

Le Chef de l’Etat gabonais, qui entend stimuler la production locale, et l’emploi par voie de conséquence, n’espère pas moins en l’avenir. Pour l’histoire, deux chiffres motivent son optimisme : « 738.377 m3 de produits en 2017 (je rappelle d’ailleurs qu’en 2010 nous n’en étions qu’à 280.000 m3) et plus de 10.000 emplois créés depuis 2009 ; Autant dire, c’est une prouesse », a-t-il dit.

Concernant Rougier Gabon, ce sont 900.000 hectares de concessions forestières certifiés FSC, trois sites industriels, c’est au total 1600 emplois directs, dont 300 pour la scierie de Mevang. La production forestière estimée à 350 000 m3 de grumes par an avec Okoumé et bois divers. Ce sont également des productions de 25 000 m3 de contreplaqué dans l’usine d’Owendo et de l’ordre de 40 m3 de sciage sur l’ensemble des usines et c’est un chiffre d’affaires de 32 milliards de francs CFA. « 40% de ce chiffre d’affaires est fait au Gabon », a confié Francis Rougier, PDG du groupe Rougier.

La valeur ajoutée provient essentiellement du développement de la production forestière initié depuis quelques années par Rougier, à travers la coopération avec les entreprises implantées dans la zone économique de Nkok. A Mevang, c’est 300 000 hectares correspondant au premier plan d’aménagement forestier attribué par l’Etat gabonais.