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GABON/Présidentielle 2016 : la mission de l’Union africaine reportée à une date ultérieure

  12 septembre 2016 à 17h53min 0 Commentaire(s)


La mission de haut niveau des chefs d’Etats de l’Union africaine, dont l’arrivée était annoncée pour ce vendredi pour une médiation dans la crise post-électorale au Gabon, est reportée à une date ultérieure.

Au cours d’une conférence de presse qu’il a animée avec le ministre de l’Intérieur, Pacôme Moubelet Boubéya et celui de la Communication, porte parole du gouvernement, Alain Claude Bilié-By-Nzé, le ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, Emmanuel Issoze Ngondet a indiqué que cette mission a été renvoyée pour des raisons de calendrier du président en exercice de l’UA, Idriss Deby Itno qui a pris part au dernier sommet du G20.

Outre cette information, les trois membres du gouvernement ont répondu aux questions des journalistes de la presse nationale et internationale sur les questions qui tournent autour de la situation post-électorale au Gabon.
Sur une éventuelle mise du Gabon sous tutelle des nations unies, le ministre Affaires Etrangères a rassuré la presse en particulier et l’opinion nationale en générale.

« Je peux vous assurer que le Gabon ne sera pas sous tutelle de l’ONU. Il n’y a pas péril en la demeure qui nécessite l’intervention de la communauté internationale. Le Gabon n’est pas un pays en post-conflit », a-t-il dit.

S’agissant de l’Etat des relations entre le Gabon et la Côte d’ivoire d’une part et d’autre part entre le Gabon et la France, suite aux ingérences constatées par certains de leurs ressortissants dans le système électoral gabonais, Emmanuel Issoze Ngondet a dit que ces relations ne souffrent d’aucun nuage puisque « les actes posés par ces individus n’engagent nullement les Etats ».

Toutefois, il a rappelé le souhait du Gabon d’être respecté dans les partenariats qui le lient avec la communauté internationale, tout en indiquant que l’Etat gabonais ne peut pas violer sa loi par recomptage des voix en dehors des voix légales.

L’Etat ne doit pas violer la loi par le recomptage des voix bureau par bureau de vote en ce sens que cela est prévu dans la deuxième phase, celle du contentieux à la Cour constitutionnelle. Si la communauté internationale a refusé le recomptage de voix bureau de vote par bureau de vote en Côte d’Ivoire en 2010, pourquoi c’est au Gabon qu’elle veut l’accepter ? S’est-il demandé avant d’indiquer que « la mission de l’Union Européenne a publié un communiqué controversé.

Elle s’est déployée sur le terrain sans respect de l’accord. Elle voulait être dans les endroits où l’accord signé avec le gouvernement gabonais ne lui permettait pas d’y être. La mission a violé le code de bonne conduite. Elle a voulu même transformer son mandat d’observation en mandat de contrôle. Nous réitérons notre volonté de préserver notre partenariat mais dans le strict respect du Gabon et de ses intérêts », a-t-il dit.

Pour sa part, le ministre de l’Intérieur, Pacôme Moubelet Boubéya a dit qu’il n’y a pas de menace d’arrestation pour l’Opposant Jean Ping mais que la loi devra s’appliquer au moment venu. Il a également réfuté le nombre de morts allant de 50 à 100 estimés par cet opposant lors d’une intervention à la chaîne de télévision française France 24. Et, tout en demandant les preuves de ces chiffres avancés, il a réitéré qui le nombre de morts est de trois et qu’ un élément de forces des forces de l’ordre qui était dans le coma pour avoir essuyé des tirs des manifestants à Oyem dans la province du Woleu Ntem, est sorti de ce coma avec un pronostic vital engagé.

Répondant à la question relative aux dispositions prises par le gouvernement pour éviter la résurgence de ce genre de violences enregistrées dans le pays, Pacôme Moubelet Boubeya dira qu’il revient à l’Etat de prendre ses responsabilités régaliennes.

Le ministre de la Communication a, quant à lui, regretté le fait que l’ONG reporters sans frontières n’ait pas condamné l’incendie du siège du quotidien l’Union et la tentative de destruction des locaux de Gabon télévision, des actes qui constituent une entrave à la liberté de la presse.