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GABON : RUMEURS D’ENLÈVEMENT D’ENFANTS ET VIOLENCES MEURTRIÈRES

  30 janvier 2020 à 13h06min 0 Commentaire(s)



La fermeté d’Ali Bongo contre les auteurs porte ses fruits

 Des personnes interpellées dans le cadre des enquêtes

 Le Président Ali Bongo promettait la fermeté contre les auteurs de violences caractérisé par le lynchage de paisibles citoyens qui a coûté la vie à deux personnes, ainsi qu’à la propagation des rumeurs sur les vagues d’enlèvements spécifiquement sur les réseaux sociaux ayant entrainé la psychose. Fort de cela, le chef de l’Etat Ali Bongo est donc monté au créneau promettant d’être ferme. A ce jour, cinq personnes ont été placés sous mandat de dépôt.

La fermeté d’Ali Bongo

 « Rien ne saurait justifier les actes inhumains qui ont secoué notre pays, ni la vengeance populaire, qui est par définition aveugle et injuste. Suite aux dramatiques incidents du vendredi dernier à Libreville, deux de nos compatriotes ont perdu la vie. C’est inexcusable. C’est intolérable. La justice gabonaise sera exemplaire à l’égard de tous les coupables ».

C’est par cette réaction sur son compte Facebook que le Président Ali Bongo a brisé le silence, le dimanche 26 janvier 2020, sur les rumeurs d’enlèvement d’enfants qui créent la psychose dans le pays depuis un moment et entrainent des violences dans des quartiers de Libreville notamment. Le Président de la République donnait ainsi le coup d’envoi de la traque des auteurs. « Il n’y a pas de vague d’enlèvements d’enfants au Gabon », indiquait le porte-parole de la Présidence de la République Jessye Ella Ekogha, en conférence de presse le lundi 27 janvier, tordant le coup aux « fausses informations qui circulent sur internet » évoquant des vagues d’enlèvements. « A ce jour, une seule plainte a été déposée pour enlèvement. C’est le cas du petit Rinaldi près de Bitam », a-t-il relevé.

Les rumeurs relayées sur les réseaux sociaux ont suscité des émeutes les 24 et 25 janvier courant dans plusieurs quartiers de Libreville, marquées par des lynchages sur certains individus faussement pris pour des kidnappeurs d’enfants soldés par la mort de deux Gabonais : Stanislas Mba Ngoua, décédé vendredi et Patrick Eyegue, ayant succombé à ses blessures, le lendemain au CHUL.

Les enquêtes lancées par la Direction Générale des Recherches (DGR), sur instructions personnelles du Chef de l’Etat, portent leurs fruits. Plusieurs personnes sont arrêtées, outre vingt neuf (89), dont des filles ayant participé à la propagation des rumeurs et/ou au lynchage.

Des personnes interpellées

Rachida L., jeune écolière de 17 ans, fait partie de ceux qui ont participé au lynchage. Elle est visible dans une des vidéos devenues virales sur les réseaux sociaux, un gourdin à la main, assenant des coups à une des victimes. Arrêtée, elle avoue ses actes.
Autre interpellée, Noëlle Y, lycéenne de 17 ans. A la DGR, elle a admis avoir simulé une victime de tentative de kidnapping dans l’une des vidéos la montrant allongée, et visiblement sous le choc. « On ne m’a jamais kidnappée. J’ai menti à tout le monde, parce que j’ai pris peur et j’étais traumatisée », a-t-elle déclaré.

Sa complice, Emmanuela K. L. qui a publié la vidéo sur Facebook, avoue aussi son forfait. « J’ai publié la vidéo sur Facebook à la demande de sa mère. Mais lorsqu’on a été interpellées, la petite nous [a fait] comprendre qu’elle a monté l’histoire de toutes pièces, que finalement elle n’avait pas été kidnappée et qu’elle a menti à tout le quartier, à ses mamans », déclare-t-elle. Enceinte de cinq (05) mois, elle regrette ses actes et demande pardon. Elle encourt des peines allant jusqu’à cinq (05) ans de prison et à des amendes de trois (03) millions.

Il est à noter que quatre vingt neuf (89) personnes interpellées pour avoir fait partie de ces violences, ont été déférées et cinq (5) d’entre elles, sont sous mandat de dépôt. Donc en détention préventive à la prison centrale de Libreville, elles sont suspectées d’avoir un lien avec les supposés nombreux cas d’enlèvements d’enfants à des fins fétichistes. Dura lex sed Lex (la Loi c’est la Loi), elle est dure mais c’est la Loi, ces personnes interpellées l’apprendront à leur dépens.

Chapeau aux autorités sécuritaires, notamment le Commandant en Chef de la Gendarmerie nationale, le Commandant Jean Ekoua qui fait un travail formidable à la tête de ce corps. « C’est un véritable bosseur », avoue un officier de la Gendarmerie qui le connaît depuis longtemps. C’est aussi le lieu d’en appeler à une collaboration fructueuse entre les différents corps assignés à la sécurité et à la défense du pays, la Police, les renseignements, l’armée…

Gabontribune / Joel Tatou