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[Gabon] Covid-19 : Estelle Ondo indexe la violation des libertés quant à la fermeture des églises

  19 juin 2020 à 23h27min 0 Commentaire(s)



La prolongation de la fermeture des lieux des culte décidée par le gouvernement en raison du Covid-19 est résolument une violation des libertés, selon Estelle Ondo. Dans un message posté sur Facebook le 2 juin, l’ancien ministre soutient que la mesure est illogique, disproportionnée et anticonstitutionnelle. La pratique des cultes est garantie par la constitution, rappelle-t-elle.

 Deux semaines après avoir appelé à la réouverture des lieux des culte, fermés en raison de la pandémie du Covid-19, Estelle Ondo revient à la charge pour relever et fustiger les violations flagrantes des libertés par le gouvernement. Le 2 juin sur Facebook, l’ancienne ministre a été formelle : « la décision est illogique et disproportionnée ».

Si pour ordonner la fermeture générale des lieux des culte le gouvernement a soutenu que ceux-ci constituent des niches de contamination à grande échelle, pour la députée du 2ème arrondissement d’Oyem, « cet argument est léger et peu acceptable ». Ce d’autant plus que les « mécanismes et mesures barrières du lutte contre la propagation du Covid19 sont déjà connus ».

Soutenant son point de vue, Estelle Ondo relève le caractère « anticonstitutionnel » du maintien de l’interdiction après la fin de l’Etat d’urgence, étant donné que « la pratique de la religion est garantie à tous dans les principes fondamentaux dans la Constitution ». Cette liberté, insiste-t-elle, « ne peut-être restreindre que dans les rares cas expressément définis par la même Constitution, notamment dans le cadre des régimes d’exception comme l’état d’urgence et l’état de siège prévu par l’article 25 de notre Constitution ».

« En dehors de ces deux régimes d’exception et du trouble à l’ordre public avéré, toute restriction à la liberté de culte est de nature à porter atteinte à une liberté fondamentale garantie par notre Constitution. Depuis la levée de l’état d’urgence ou simplement depuis le processus de déconfinement certaines libertés auraient dues être retrouvées », poursuit l’élue du chef-lieu du Woleu-Ntem.

À la suite de quoi, elle invite le gouvernement à revoir sa copie. Car, soutient-elle, « les lieux de culte peuvent respecter toutes les mesures barrières visant à lutter contre la propagation de ce virus. Les églises peuvent organiser plusieurs services afin de respecter la distanciation, l’obligation du port de masque, organiser le lavage des mains, avoir le gel hydro alcoolique, interdire pour la circonstance de se saluer et les accolades entre fidèles ».