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[Gabon] Homosexualité : L’aide internationale conditionnée par la légifération ? 

  17 juillet 2020 à 20h43min 0 Commentaire(s)


 
Le vote, par les députés de l’Assemblée nationale, de la dépénalisation de l’homosexualité au Gabon, a causé un tollé qui n’est pas près de s’estomper dans le pays. La population grogne, des pétitions sont lancées sur Internet, des hommes d’église s’insurgent contre cette loi au point que le Révérend Francis Michel Mbadinga, leader de l’Eglise « Centre d’Evangélisation Béthanie » a cru voir dans cette affaire une main des lobbies imposant et dictant leurs lois aux Etats africains en s’appuyant sur l’aide au développement.

 L’aide internationale au développement, destinée aux pays africains, est-elle conditionnée par la dépénalisation de l’homosexualité ? Il s’agit là de l’une des thèses, de plus en plus entendues, pour tenter de comprendre le choix de 48 parlementaires gabonais de voter pour la dépénalisation de cette orientation sexuelle ; surtout que certains d’entre eux ont indiqué s’être astreints à la discipline du parti (entendre le PDG au pouvoir), laissant penser à une consigne de vote.

Dans une vidéo, ce 25 juin, le Révérend Francis Michel Mbadinga, leader de l’Eglise « Centre d’Evangélisation Béthanie » s’est épanché quant à la supposée pression sur les Etats pour la légalisation de l’homosexualité. Se posant des questions, notamment « en quoi l’homosexualité est un droit fondamental de la personne humaine ? » et « Quelle est la loi qui existe au Gabon de cet état de fait ? », l’homme d’église laisse entendre qu’il sait ce qui peut pousser les dirigeants à légiférer sur la pratique sexuelle controversée.

« Nous avions eu un débat assez clair avec un ancien représentant d’une instance internationale au Gabon, pour rester discret et ne pas mettre mal à l’aise cette institution ou instance internationale qui existe au Gabon. Un de ses anciens représentants nous a clairement signifié, je prends à témoin l’abbé Pierre Nguema Edou, son agacement de voir les communautés religieuses s’opposer à l’homosexualité, au mariage pour tous », explique le Pasteur, précisant que « cet incident a eu lieu, il y a à peu près 4 ans ».
Francis Michel Mbadinga est formel : « il est allé jusqu’à nous affirmer que l’aide financière au développement, aux pays africains, sera assujettie au fait que les Nations qui auront besoin de cette aide devront céder à cette question sur le fait de légiférer et de légaliser l’homosexualité, le mariage pour tous ».

« Nous pensons que ce n’est pas juste tout simplement parce que ce sont les instances internationales qui ont été infiltrés par les tenants de la mondialisation, les Eugénistes et les lobbies LGBT. Et nous disons que nous n’allons pas céder du fait que nous allons faire plaisir à des gens qui ont une autre façon de voir le monde », a-t-il déclaré.

En clair, le gouvernement gabonais serait sous le joug des puissances occultes l’obligeant à légaliser cette pratique alors que le pays fait face à de nombreux défis qui peinent à trouver des solutions et dont les dossiers moisissent dans les tiroirs de l’Assemblée nationale depuis des années. Sinon, comment comprendre qu’en 2013, le Gabon, présidant la Commission des Droits de l’homme en Suisse, a engagé l’ensemble des Etats africains à mettre leur veto contre l’homosexualité et qu’aujourd’hui il change radicalement de cap ?