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Gabon : Pourquoi les soutiens de Jean Ping le quitte ?

  27 juillet 2017 à 01h12min 0 Commentaire(s)


La sortie vendredi de Pacceli Bikoro suivie de celle Mbadinga, le président exécutif de l’Union des Patriotes Gabonais Loyalistes fait des vagues au sein de la coalition de Jean Ping. Elle se retrouve désormais mise à nue. Nous vous proposons aujourd’hui une petite analyse politique de la situation de l’opposition gabonaise.

Des hauts cadres de l’opposition tels que Jean Pierre ROUGOU, Gérard Ella Nguema, Mike Jocktane, Joel Mbiamani Ntchoreret, ou encore Paul Marie Gondjout, Guy Nzouba Ndama, et Myboto ont quitté le navire. Certains sont désormais pour une solution de transition sans Jean Ping et sans Ali Bongo Ondimba. Le malaise qui semble s’installer a permis à certaines langues de se délier.

Des témoignages accablants d’anciens pinguistes
Présent au QG de Jean Ping, Pacceli Bikoro a interpellé la presse quant à la plainte déposée à Paris par l’un de ses compatriotes franco gabonais, pour torture. Selon lui, tout cela ne serait qu’un tissu de mensonges, mis en scène à des fins politiques. Il y a eu selon lui 19 blessés dont deux dans un état critique, blessés hors du QG. Pour lui, ces derniers ont tous été évacués à la clinique Chambrier.

« Ce même compatriote avait allégué que dans la nuit de l’attaque du QG, qu’il s’était caché sous les cadavres pour se protéger… un autre gros mensonge. De quels morts et de quels cadavres parle-il ? »

De son côté l’ancien coordonnateur de campagne de M. Ping, David Mbadinga a décidé de prendre le large. C’est lui qui était en charge du recours de Jean Ping devant la Cour Constitutionnelle. Déçu du non respect des valeurs intrinsèques de l’opposition, il compte désormais donner plus de poids à son parti l’UGPL. Il confirme rester et demeurer dans l’opposition. Il semblerait que ses points de vue ne soient plus pris en considération au sein de la coalition du S23.

« Les mêmes pratiques qu’on critique du parti au pouvoir se retrouvent malheureusement dans notre camp, certains pensent qu’ils sont au-dessus des autres et, estiment qu’ils ont eux le dernier mot. Donc, mieux être de mon côté en restant opposant mais pas en subissant les intolérances durement pratiquées dans le clivage des partis du S23 dont Jean Ping est le patron », déplore David Mbadinga.

David Mbadinga soutient que Jean Ping et ses soutiens avaient échafaudé une stratégie de fraude pour faire de l’ancien président de la Commission de l’Union africaine (UA) le candidat unique de l’opposition. Achat des consciences et falsification du corps électoral appelé à voter durant les primaires étaient les points forts de cette stratégie de conquête du pouvoir.

Ces pratiques étaient l’apanage du système Bongo-PDG, selon M. Mbadinga. « En rejoignant l’opposition, ils sont venus avec la fraude, ce sont des spécialistes de la fraude », a sonné David Mbadinga. L’homme politique promet de dévoiler prochainement les noms des personnes qui plombent le fonctionnement de l’opposition.

Des soutiens à l’étranger qui tardent à venir
Mise à nue, la coalition S23 a perdu sa base au Gabon. Les derniers soutiens sont d’une certaine diaspora basée à Paris. Et du bureau de communication politique de Neuilly. Le candidat unique de l’opposition ne fait donc plus l’unanimité : « Le temps politique est passé, même si pour nous Jean Ping a bel et bien été élu. Il n’est pas accepté par une certaine élite française qui ne veut pas de lui. Nous devons trouver une solution alternative pour une transition démocratique ».

C’est pourquoi à 73 ans, Jean Ping tente de trouver d’autres soutiens à l’étranger. En Allemagne, en Belgique, aux Etats Unis. Malheureusement pour lui, il lui sera désormais très difficile d’accéder à son fauteuil de « président élu » sans un véritable « coup d’état militaire« . Une solution qui n’est pas vraiment celle recommandée par la communauté internationale.

Le dernier soutien gabonais de Jean Ping se nomme Alexandre Barro Chambrier. Son attache à Jean Ping, en dehors du fait qu’il soit de la même ethnie, tient d’un intérêt particulier. Il se voit déjà récupérer la base électorale Myénée si précieuse, que Jean Ping a réussi à coaliser derrière lui.

Ce sera bien sûr pour les prochaines élections présidentielles de 2023. Pourtant le dialogue politique gabonais a donné son feu vert pour la mise en place d’une élection à deux tours. Cela donnera cette fois moins de chance aux votes tribalistes.