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Gabon : Un audit sur la gestion du port d’Owendo par Bolloré ?

  6 juin 2017 à 00h09min 0 Commentaire(s)


La question vaut son pesant d’or étant donné que les citoyens, les ONG et d’autres observateurs s’interrogent. Ils veulent voir clair. La gestion du port d’Owendo impacte aussi leur vie. Et il n’y a qu’un audit pour donner une idée sur ce qui se passe. Alors, revenons en arrière pour comprendre les arrangements de l’époque. Un cadre proche de l’OPRAG nous explique. Cet article a été rédigé sur la base de ses éclaircissements.

En 2007, l’Etat gabonais confiait la gestion du port d’Owendo au groupe Bolloré, avec pour objectif d’en faire le premier port commercial de la sous-région. Dix ans plus tard, Bolloré n’a pas respecté son engagement, malgré tous les bénéfices que le groupe français engrange chaque année. Une question taraude alors les esprits, pourquoi l’Etat ne commande t-il pas un audit du port d’Owendo ?

Rien ne semble perturber la quiétude de Bolloré au Gabon, mieux le groupe français reste droit dans ses bottes malgré les nombreuses récriminations qui fusent de part et d’autre. A l’origine, certains expliquent cela par le mutisme de l’Etat, qui aurait dû lancer un audit du port d’Owendo au regard de nombreuses critiques qui accablent Bolloré.
Pis, malgré la montée au créneau des opérateurs économiques, des associations des consommateurs, des populations, qui se sentent floués et abandonnés, l’Etat reste silencieux.

Existerait-il des complicités qui protégeraient les intérêts de Bolloré au Gabon, au point de ne rien faire pour commander un audit du port d’Owendo ou de revenir sur les clauses de la concession octroyée au groupe français.

Il semble que ce silence de l’Etat s’expliquerait par d’autres choses que nous ne maîtrisons pas. la relation entre l’Etat et Bolloré suscite des interrogations.
Car rien ne justifie le mutisme de l’Etat pour expliquer une telle faiblesse à commander un audit du port d’Owendo.

Surtout que dans le domaine des hydrocarbures, en 2014, l’Etat avait tapé du poing sur la table, en faisant une refonte du code des hydrocarbures qui étaient en sa défaveur face aux majors pétroliers.

Il était allé même plus loin, en appliquant un redressement fiscal chiffré à des dizaine de milliards de FCFA au groupe Total, partenaire historique du Gabon. D’autres compagnies pétrolières installées au Gabon avaient subi le même traitement plus tard.
Alors pourquoi lorsqu’il s’agit de Bolloré, qui ne respecte pas les clauses de la concession du port d’Owendo et contribue largement à l’inflation, l’Etat est silencieux, voir complice ?

A moins que certaines personnalités tapis dans l’ombre voient d’un mauvais œil une telle opération par peur d’être rattrapé par des ennuis judiciaires, et manœuvrent donc dans l’ombre pour que Bolloré ne soit pas dérangé par un audit.