ACCUEIL > ECONOMIE > Gabon : le secteur bois a encore du chemin à faire 


Gabon : le secteur bois a encore du chemin à faire 

  14 juillet 2017 à 09h48min 0 Commentaire(s)


La filière bénéficie des réformes engagées en 2010, mais l’État et les industriels ont encore fort à faire pour atteindre les objectifs fixés, qui sont aussi ambitieux que le pays est vert.

Régis Immongault, ministre de l’Économie, de la Prospective et de la Programmation du développement, est catégorique : il faut se féliciter des mesures mises en œuvre depuis 2010 en vue de l’industrialisation de la filière bois.

Selon les chiffres de son ministère, le produit intérieur brut de l’industrie forestière et le nombre d’emplois directs ont déjà augmenté, notamment du fait de l’interdiction d’exportation des grumes en 2010.

Alors que la mesure avait été accueillie plus que froidement en 2010, les industriels étant alors incapables de transformer le bois au Gabon, la filière est aujourd’hui en bonne santé.

Des métiers en évolution
Elle est le deuxième pourvoyeur d’emplois dans le pays, en particulier chez les jeunes, derrière la fonction publique. « Sa participation au PIB retrouve son niveau d’avant la crise internationale de 2009‑2010, et le nombre d’emplois y a doublé », explique Sylvie Dossou, représentante de la Banque mondiale au Gabon.

Le pays a donc en partie remporté son pari. Et l’efficacité est au rendez-vous : alors que l’industrie forestière consommait entre 1,2 et 1,5 million de mètres cubes de grumes par an avant 2010, elle peut en transformer au moins 2,5 millions en 2017.

Tous les voyants ne sont cependant pas au vert. D’abord, les recettes fiscales directes et indirectes, notamment en taxes à l’exportation, se seraient effondrées, jusqu’à 80 % de baisse dans le secteur entre 2008 et 2014, pour les plus pessimistes. Ensuite, « le temps d’adaptation des entreprises a provoqué licenciements et exode rural dans certaines régions », confie un professionnel.