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Gabon : neuf opposants pro-Ping écroués pour "trouble à l’ordre public"

  31 août 2017 à 14h50min 0 Commentaire(s)


Neuf personnes ont été écrouées à la prison centrale deLibreville après avoir été interpellées en marge de manifestations non autorisées de soutien à Jean Ping, l’adversaire d’Ali Bongo à la présidentielle du 27 août 2016, a appris notre rédaction ce mercredi de source judiciaire.

Huit personnes, interpellées dans la capitale Libreville vendredi, ont été écroués mardi pour "attroupements non armés ayant troublé l’ordre public", a indiqué le procureur de la République, Steeve Ndong Essame Ndong.

Par ailleurs, un activiste blogueur, Hervé Mombo Kinga, a été arrêté dimanche soir à son domicile, a-t-on appris auprès du procureur, qui indique que son audition au Parquet est toujours en cours.

A Port-Gentil, la capitale économique et pétrolière, "deux personnes ont été poursuivies pour +atteinte à l’ordre public+ sur les trois interpellées vendredi", a déclaré à par téléphone le procureur du tribunal de première instance, Fabrice Bebelet Oyingha.
"Sur ces deux personnes, l’une a été placée en détention préventive, et l’autre a été relâchée en liberté provisoire", a-t-il souligné.

Des marches de soutien à l’opposant Jean Ping ont eu lieu vendredi, deux jours avant le premier anniversaire du scrutin qui avait conduit à la réélection contestée d’Ali Bongo Odimba à Libreville, Port-Gentil, Tchibanga (sud-ouest) et Oyem (nord).

A Libreville comme à Port-Gentil, les marches ont été dispersées par la police. Les organisateurs ont affirmé avoir déposé auprès des gouvernorats des demandes d’autorisation de manifester, sans avoir reçu de réponse.
Des appels à manifester avaient été diffusés sur les réseaux sociaux et par Jean Ping lui-même.

Jean Ping avait lancé il y a une semaine un appel à la désobéissance civile, relayé par deux télévisions privées. L’une d’elle, Radio-télévision Nazareth (RTN), a été interdite pendant un mois de diffuser des programmes politiques par le Conseil national de la communication (CNC),

M. Ping se proclame le "président élu", dénonçant le "coup d’Etat militaro-électoral" de son rival qu’il accuse de fraude. L’annonce de la réélection de M. Bongo le 31 août 2016 avait provoqué des violences inédites au Gabon.