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Grève de la faim à l’agence gabonaise de presse

  13 décembre 2017 à 22h07min 0 Commentaire(s)


Quelques agents contractuels de l’Agence gabonaise de presse (AGP) observent une grève de la faim depuis dimanche soir au nom des 46 de leurs collègues et confrères du même statut qui comptent à ce jour dix mois de salaires impayés.

Ne sachant plus à quel saint se vouer, ces agents qui passent des moments difficiles avec des enfants jusque-là non scolarisés et des loyers impayés, ont assiégé les locaux de l’AGP pour observer une grève de la faim en vue d’amener la tutelle via l’administration à répondre favorablement à leur principale revendication : le paiement de dix mois d’arriérées de salaires.

A travers ce mouvement, les grévistes de la faim entendent donner un coup d’accélérateur dans le traitement du dossier relatif au paiement de leurs dus, au regard des promesses non tenues jusqu’à ce jour, quand bien même le dossier se trouverait au niveau du trésor central de Libreville, notamment au service « règlement ».

Contacté par notre rédaction, l’administrateur provisoire de l’AGP, Fidèle Biteghe Minko, s’est dit confiant quant au paiement de manière partielle des salaires cette semaine.
« Nous avons été reçus à plusieurs reprises au trésor central pour le suivi de ce dossier.

Il se trouve actuellement au niveau du règlement où nous avons eu la promesse d’un décaissement de 112 millions de francs CFA qui constitue le reliquat de notre subvention de l’année 2017. Ce décaissement va permettre de payer trois mois de salaires, et relancer les activités de l’agence avec le reste. Le trésor central nous a promis que ce sera fait cette semaine dans la mesure où le paiement des fonctionnaires et des retraités était prioritaire », a-t-il affirmé avant de regretter l’acte posé par les grévistes de la faim sans préalablement chercher à connaître le niveau du traitement des dossiers.

Pour leur part, tout en étant compatissant à la situation difficile que traversent leurs collègues contractuels, le collègue des délégués du personnel de l’AGP dit ne pas se reconnaître dans ce mouvement de grève de la faim. Il privilégie le dialogue auquel il est engagé avec l’administration et partant la tutelle.

C’est dans cette optique qu’il a amené les grévistes à échanger lundi avec l’administrateur provisoire afin que ces derniers soient imprégnés des actions qui sont menées actuellement, sur instructions du ministre d’Etat en charge de ma communication, Alain Claude Bilié-By-Nzé pour non seulement résoudre la question des salaires, mais également sortir l’AGP de sa situation actuelle.

L’AGP traverse une crise de trésorerie depuis 2014 pour manque de rentabilité et baisse de la subvention suite aux coupes budgétaires qu’a subies l’ensemble des administrations. Cette situation a eu pour conséquence : la cessation de parution de son quotidien « Gabon Matin » et le retard dans le paiement des salaires et l’insuffisance des moyens financiers de fonctionnement et de fonctionnement.

Suite à cet état de fait, le gouvernement a décidé en 2016 de reformer ce média, en vue d’adapter son fonctionnement aux normes internationales. Un nouveau siège a déjà été trouvé, situé à Angondjé au nord de Libreville. Le travail devrait y démarrer en 2018. Mais pour l’instant, les lecteurs de l’AGP ne peuvent que de se contenter du site www.agpgabon.ga qui est toujours opérationnel.