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Justice : Le pardon de Blaise Wada sans...

  28 avril 2019 à 22h46min 0 Commentaire(s)


Justice : Le pardon de Blaise Wada sans oublier ses 27 mois de prison

Les avocats de l’ancien directeur général de l’Unité de coordination des études et des travaux (UCET), Blaise Wada, qui a passé 27 mois de prison pour détournement de fonds publics, ont annoncé, le samedi 27 avril, au cours d’une conférence de presse, que leur client, présent à cette rencontre, a pardonné, mais qu’il n’oublie pas les 27 mois passés à la prison centrale de Libreville.

Après la libération de Blaise Wada, le 12 avril dernier, ses avocats, Maîtres Martial Dibangoyi Loundou et Jean Paul Moumbembe, ont apporté des éclairages sur la libération de leur client.

Pour Maître Jean Paul Moumbembe, Blaise Wada a été arrêté comme un vulgaire citoyen, incarcéré, et condamné à 20 ans de prison, car accusé d’avoir détourné des deniers publics. « Aujourd’hui, Maître Loundou et moi, avions gagné non pas seulement une bataille, mais nous avons gagné la guerre de l’injustice, pas seulement pour notre client, mais pour tout ceux qui sont aujourd’hui détenus illégalement pour des détournements deniers publics », a-t-il déclaré.

Précisant que l’arrêt de la Cour de cassation étant un arrêt de principe, qui sous-entend que tous ceux qui sont détenus à la maison d’arrêt en violation de la loi doivent être libérés. De ce fait, il a appelé, tous les avocats à se mettre débout et de s’emparer de cette décision de la Cour de cassation du 12 avril 2019. Car, a-t-il précisé, c’est une décision de principe qui stipule qu’on ne peut pas traduire un comptable public sans la décision de la Cour des comptes.

S’adressant aux journalistes, Maître Moumbembe, convaincu que son client a été victime d’un règlement de compte, a indiqué que le pouvoir politique doit libérer les magistrats, qui doivent faire leur travail en leur âme et conscience dans le cadre du respect du principe de la séparation des pouvoirs.
« L’exécutif à un rôle et lorsque l’exécutif s’empare des questions qui ne relève pas de son domaine notamment des questions judicaires, la justice sort par la fenêtre. Construisons l’Etat de droit ! », a-t-il indiqué.

Maître Martial Dibangoyi Loundou, pour sa part, a tenu à souligner que la décision de la Cour Cassation a démontré qu’il y avait plusieurs erreurs dans ce dossier, qu’il a qualifié de dossier vide. « Cette procédure, à notre avis, avait été menée avec précipitation. La cour des comptes s’est fondée sur l’article 140 alinéa 4 du Code pénal gabonais, et a estimé que le dossier ne contenait ni la plainte du ministère des Finances ni aucun élément résultant de la Cour des comptes. La preuve du détournement n’étant pas établie, l’arrestation est arbitraire et la décision est annulée », a-t-il expliqué.

Ajoutant qu’ « à partir du moment où la Cour de cassation a annulé une décision, la personne qui avait été condamnée devant une juridiction inférieure est totalement libre de ses mouvements. En principe, il doit retrouver ses fonctions, il doit prendre ses activités là où il les a laissées. Il doit être réhabilité. Aussi, Monsieur Blaise Wada et bel bien libre ».