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L’application de la gratuité des frais d’accouchement pose problème dans plusieurs structures sanitaires à Libreville

  24 août 2018 à 17h29min 0 Commentaire(s)


Instaurée depuis février dernier, la gratuité des frais d’accouchement bat de l’aile quant à son applicabilité dans certains hôpitaux. La faute à la grogne des praticiens vis-à-vis de la CNAMGS, jugée mauvaise payeuse. 

La gratuité des frais d’accouchement, impulsée en février dernier par le chef de l’Etat, Ali Bongo Ondimba, pose désormais problème quant à son suivi dans certains hôpitaux. Et ce, depuis quelques temps déjà. Ou plus exactement, depuis que les médecins fonctionnaires, réclamant à la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAMGS) le paiement de sa dette de 15 milliards de FCFA envers les hôpitaux publics, ont décidé de boycotter les feuilles de soins de ladite Caisse
Depuis lors, l’application de la mesure présidentielle bat de l’aile. Au grand dam des assurés. Notamment des patients démunis, dont la sécurité de la CNAMGS était pourtant une bouée de sauvetage. 

Au Centre hospitalier universitaire d’Owendo (Chuo) par exemple, si les praticiens assurent encore la gratuité pour les accouchements simples, ce n’est plus le cas pour les accouchements par césarienne. Ces dernières opérations, pourtant plus périlleuses, sont revenues aux prix d’antan. « Il faut payer 260 mille pour passer au bloc », nous assène la caissière du service Maternité, sans daigner lever le regard, et sans savoir que nous sommes journaliste. C’est dire que les grandes affiches placardées à l’entrée de cet hôpital, et qui indiquent que les accouchements sont gratuits pour toutes Gabonaises de plus de 18 ans, sont de nul effet pour elle et les siens !

L’on se souvient pourtant qu’au lancement de cette mesure « historique », le ministre d’Etat à la Santé, Denise Mekam’ne, avait rassuré de la disponibilité permanente de ces consommables médicaux. Les kits d’accouchements par césarienne sont-ils désormais indisponibles pour que les médecins en soient à zyeuter à nouveau l’argent des patients ? Ou est-ce que ces praticiens ont tout bonnement décidé de revendre aux malades des consommables que l’Etat leur a gracieusement fournis par leur entremise ? La deuxième hypothèse semble être la bonne. Car à en croire plusieurs témoignages sous cape, « tout ce désordre, c’est à cause de la colère du personnel soignant face à la dette de la CNAMGS ». 

Plus loin, au Centre hospitalier universitaire de Libreville, l’application de la gratuité des frais d’accouchement se fait tant bien que mal. « Pour tous les types d’accouchement », nous rassure-t-on de ce côté. Mais là encore, des patients se plaignent de devoir payer les premiers soins. Une aberration en effet, quand on sait que la mesure présidentielle couvre jusqu’aux soins post-natals, dont les premiers soins, l’hospitalisation, et même la layette du nouveau-né. C’est dire que les autorités sanitaires du pays gagneraient à se pencher sur cette question hautement sociale qu’est la gratuité des frais d’accouchement. Une mesure, dont le président Ali Bongo Ondimba, n’a d’ailleurs pas manqué de magnifier lors de son discours à la nation du 16 août dernier.