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La CNAMGS, les hôpitaux et les populations invités à rétablir le dialogue pour la survie de l’hôpital public

  7 mai 2019 à 23h52min 0 Commentaire(s)


La question d’assurance maladie via les prestations offertes par la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) était au centre des préoccupations lors de la réunion de concertation sur la gouvernance sanitaire publique présidée, le lundi 6 mai à Libreville, par le ministre de la Santé, Denise Mekam’ne Edzidzie, avec pour objectif le rétablissement du dialogue interactif CNAMGS-hôpitaux-populations en vue de la survie de l’hôpital public.

Conscient de ce que l’endettement envers la Caisse nationale d’assurance maladie et de garantie sociale (CNAMGS) est colossal, les acteurs du secteur santé ont tenu une rencontre de concertation, le lundi 6 mai, autour du ministre d’Etat en charge de la Santé, sur la gouvernance sanitaire publique afin de trouver une issue favorable à cette problématique.

Prenant une part active à ces assises, les partenaires sociaux ont réagi par rapport à l’initiative jugée louable. Ils ont donné leurs points de vues bien que ravi de la réaction du ministre d’État à la Santé face aux maux dont ils se plaignent. A propos, le président du Syndicat des médecins fonctionnaires gabonais (SYMEFOGA), Dr Adrien Mougougou, a émis des réserves quant au rendu de la CNAMGS qui, selon lui, laisse perplexe.

« Nous ne savons pas combien ils doivent exactement à tel ou tel hôpital. Cela dénote de la façon dont nos factures sont gérées à ce niveau. L’État n’a pas fait de la Santé une priorité jusqu’à ce jour. Il faut voir le cap sur ce qui nous est prélevé pour assurer une sécurité sanitaire », a-t-il relevé, avant d’indiquer qu’il n’y avait qu’avoir le CHUL où il y a une dette de 5 milliards, CHUO 1 milliard et le CHUMEFJU 6 millions. « C’est-à-dire que depuis 7 mois, la CNAMGS n’a pas payé un centime, bien qu’il y ait eu une dotation étatique qui leur permet de gérer certainement le quotidien ».

Le secrétaire général du Syndicat national des personnels de santé (SYNAPS), Serghes Mickala Moundanga, a également félicité l’initiative prise par Denise Mékam’ne Edzidzie. « Le ministre a dénoncé nos comportements déviants au travail. Nous saluons la CNAMGS qui a dit aux hôpitaux qu’elle paie selon la disponibilité des fonds. Et ce que nous avons retenu dans le fond de l’appréciation du Directeur, c’est que le fond utilisé pour les prestations sanitaires, c’est le fond du Gabonais économiquement faible (GEF). Les deux fonds, 2 et 3, qui sont le fond de l’agent public qui relève du paiement du grand trésor, auraient des problèmes. Cela veut dire que l’État ne reverserait pas certainement ou totalement ce qui lui est prélevé chaque fin du mois. Nous disons qu’il y a un malaise, il faudrait que l’État prenne ses responsabilités », a-t-il fait savoir.
Invitant le ministère du Budget par la Direction de la solde et la Direction générale du trésor public à prendre leurs responsabilités afin de reverser à la CNAMGS ce qui lui est dû pour pouvoir assurer les prestations sanitaires. 

Le président de la Confédération syndicale des agents de l’administration publique, parapublique et privée (COSYNAP), Joël Ondo Ella, a souligné que cette rencontre va dans un cadre républicain où l’on retiendra trois choses. « La première était de ramener et d’établir la confiance entre les usagers et l’hôpital. Nous pensons aujourd’hui que les populations n’ont pas à s’inquiéter de ceux qui se sont engagés de par leur vocation à les servir. La deuxième vise à regarder ce qui pose problème pour une amélioration des prestations. On va regarder le financement à travers l’instrument de politique sociale. La présentation du Directeur général de la CNAMGS, montre que l’État devrait respecter les conventions de la Conférence interafricaine de prévoyance sociale, lesquelles conventions voudraient que les cotisations des assurés soient directement reversées dans les comptes de la CNAMGS, pour un audit fiable de l’organisme. La troisième, c’est que nous devons aller dans la gouvernance des hôpitaux, il faut qu’on ait une traçabilité », a-t-il précisé.
Les responsables des structures sanitaires en province ont été invités à faire une comparaison des chiffres présentés par la CNAMGS avec ceux qu’ils ont reçus pour voir s’il y a des ambiguïtés.