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La Haute autorité de la communication attendue sur les chantiers de la règlementation de la communication. 

  22 juin 2018 à 08h01min 0 Commentaire(s)


La Haute autorité de la communication (HAC), dont l’effectivité des activités est imminente, est surtout attendue dans le domaine de la régulation du secteur de la communication au Gabon. Elle devrait aller au-delà pour faire mieux que l’ancien Conseil national de la Communication, qui présentait une configuration politique avec des missions jugées superficielles, axées essentiellement sur la censure, la mise en demeure des organes de presse.

En tenant compte des récriminations récurrentes de l’opinion et des participants au dialogue politique d’Angondjé en 2017, vis-à-vis de l’ancien Conseil national de la Communication, les résolutions au terme de la grande messe d’Angondjé vont peser en faveur de la Haute autorité de la communication (HAC).

L’autorité administrative, sous tutelle désormais du ministère de la Communication, lancera ses activités très prochainement via les installations respectives des neuf (9) membres, se devrait de s’inscrire véritablement dans la résorption des problèmes ayant trait à la régulation de la Communication au Gabon.

Il faut reconnaitre que la majorité des membres nouvellement nommés, partant du président, Raphaël Ntoutoume Nkoghé, en passant par Félicien Biviga Koumba, Guy Roger Lendira, Timothé Boussiengui et Abel Nzegho Mimongo, sont tous des journalistes de profession de la presse audiovisuelle et écrite et qu’il serait donc certain qu’ils pencheraient en faveur de chantiers de la règlementation de la communication.

Hormis ce fait considéré comme étant une avancée majeur, il serait judicieux, que la Haute autorité de la communication (HAC) mette à contribution les techniciens ainsi que les différentes organisations ayant en leur sein les professionnels des médias, dans la mission qui consiste à veiller au respect de l’expression de la démocratie et de la liberté de la presse sur toute l’étendue du territoire ; à l’accès des citoyens à une communication libre ; au traitement équitable par les médias publics de tous les partis politiques et associations politiques reconnus ainsi que de la société civile ; au respect par les médias publics des règles et conditions de production, de programmation et de diffusion des émissions relatives aux campagnes électorales, afin de permettre à l’autorité régulatrice et aux communicateurs d’accorder leurs violons dans les décisions issues des délibérations.

Il s’agit, entre autres, de l’Organisation patronale des médias (OPAM), l’Observatoire gabonais des médias (OGAM), le syndicat des professionnels de la communication, le syndicat de la première chaine de télévision (SPC). Des organisations qui défendent les intérêts des communicateurs.

La mise à contribution de ces différents acteurs pourrait être fructueuse dans la modification du nouveau Code de la Communication dont plusieurs dispositions, considérées comme étant des verrous, sont contestées depuis son adoption en 2017 par le Parlement. Les professionnels de la communication dénoncent le fait de ne pas avoir été associés dans l’élaboration de cet instrument qui régit le fonctionnement de la Communication en République gabonaise.

Outre l’implication des professionnels dans son action, la HAC doit jouir de son autonomie de gestion financière, pour lui permettre de mieux se déployer, au risque de voir ses missions limitées, à l’exemple de son prédécesseur le CNC , qui était devenu, de témoignage et ce au fil du temps, une coquille vide, sans moyens financiers. Ce qui a justifié, d’ailleurs, son immobilisme voire son incapacité à répondre aux attentes de l’opinion.

Dans le même ordre d’idée, devenue une « Autorité Administrative indépendante », la HAC se devrait d’éviter d’être sous l’emprise du ministère de la Communication, en jouant pleinement son rôle, en toute indépendance et impartialité. Cela est d’autant plus nécessaire pour éviter de tomber dans la même situation que le CNC, qui ne parvenait plus à assumer ses responsabilités, au regard de la prépondérance qu’affichait le ministère de tutelle qui aurait contribué au premier chef à l’élaboration du nouveau Code de la Communication alors que cette responsabilité relève de la compétence du régulateur.

En perspectives, pour plus de garantie dans sa mission de veiller en toute indépendance et impartialité au respect de l’expression de la démocratie et la liberté de la presse sur toute l’étendue du territoire, certains communicateurs prônent une évolution dans le mode de désignation des membres. Ils souhaitent que l’ensemble des neuf membres soient choisis par les professionnels de la Communication à l’avenir, dans le but d’éviter l’immixtion du politique dans la gestion et le fonctionnement de cet organe censé être indépendant et impartial.