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La premiere semaine du Royaume-Uni hors d’Europe

  11 février 2020 à 11h06min 0 Commentaire(s)


Londres s’est réveillée sous un beau soleil et un air vivifiant en ce premier jour hors de l’UE. Certains y ont vu un signe.

Si la soirée du Brexit fut un peu animé du coté de Westminster , elle fut plutôt calme dans le reste du pays. À commencer par Downing Street, où Boris Johnson a fêté le moment avec sa garde rapprochée - avec du mousseux anglais et non du Champagne continental -, mais sans apparaître. « BoJo » veut éviter tout triomphalisme, pour ne pas aviver les plaies encore vives et se poser en rassembleur. Sur les briques de la résidence du premier ministre ; Un Union Jack était projeté, remplacé par un compte-à-rebours une heure avant le clap de sortie, à 23 heures. Dans une adresse diffusée une heure plus tôt - mais que la BBC a snobé puisque les réseaux sociaux avaient été choisis comme vecteur - Boris Johnson avait promis un « succès retentissant », « quels que soient les obstacles ». Il a aussi assuré que ce jour marquait « le début d’une nouvelle ère de coopération amicale » avec l’UE. Et s’est adressé aux « remainers » attristés, à « ceux qui ressentent un sentiment d’anxiété et de perte ».

À trois cent mètres de là, sur Parliament Square, c’est son ancien camarade de lutte brexiteuse, Nigel Farage, qui menait la danse. Big Ben, encapuchonnée pour des travaux de rénovation, n’a pas marqué de sa voix l’évènement, au grand dam des plus fervents partisans supporters de la sortie de l’Union. Mais là aussi, un compte-à-rebours s’est égrené sur un écran géant devant une foule de quelques milliers de personnes, partisans du Brexit et simples badauds mêlés. Les premiers, parfois drapés dans les couleurs nationales ou vêtus de fantasques atours, étaient souvent âgés. Les seconds, venus par simple curiosité, étaient beaucoup plus jeunes. La bière coulait à flots et certains corps tanguaient sous des effets autres que ceux de l’émotion.

Sur l’estrade, les orateurs se succédaient avant que Nigel Farage ne ferme le spectacle, peu de temps avant 23 heures. Ce fut son heure de gloire, son dernier bain de foule certainement tant il n’a plus guère d’espace politique devant lui. « On a gagné, a martelé le parton du Brexit Party, nous sommes libres, c’est la victoire de la démocratie ». Ces interventions étaient entrecoupées de morceaux de musique jaillis d’une sono. Puis la foule a entonné des hymnes patriotiques, « Rule Britannia » et bien sûr « God Save The Queen ». Quelques fusées sont montées dans le ciel mais il n’y a pas eu de feu d’artifice. Londres ne s’est pas embrasée.

Onze mois de transition
Mais en ce 1er février, rien ne change concrètement pour les Britanniques. Malgré sa charge historique, cette date marque l’ouverture d’une période de transition qui doit durer jusqu’au 31 décembre prochain. Onze mois durant lesquels le Royaume-Uni continuera d’appliquer les règles de l’UE. Dès lundi, Boris Johnson devrait commencer à dévoiler ses intentions pour les rudes négociations qui s’annoncent. Dans une lettre aux Britanniques publiée dans le Times ce samedi matin .

Emanuel Macron a fait part de sa profonde tristesse face au départ du Royaume-Unie de l’UE, se défendant que la France ait été « dure » dans les négociations du Brexit. Rappelant que la France célèbrera cette année le 80e anniversaire de l’Appel du 18 juin par le Général de Gaulle, il a assuré que « les Français savent ce qu’ils doivent aux Britanniques, qui ont permis à la République de vivre ». Mais il a prévenu que « nous ne pourrons pas laisser une compétition néfaste s’établir entre nous ». « La Manche n’a jamais réussi à éloigner nos destins, le Brexit n’y parviendra pas davantage » a conclu le président français.

Vendredi soir, certains Brexiters se disaient toute fois furieurs de l’intervention d’Emmanuel Macro diffusée un peu plutôt . Le président français y avait évoqué les « mensonges » proférés pendant la campagne du Brexit. Une « insulte » visant directement Boris Johnson, disaient-ils, estimant que ce dernier n’avait sans doute guère apprécié.