ACCUEIL > ECONOMIE > Le déraillement du train minéralier et pénurie d’eau à Libreville 


Le déraillement du train minéralier et pénurie d’eau à Libreville 

  16 février 2018 à 22h39min 0 Commentaire(s)


les directeurs généraux de la COMILOG et de la SEEG à la Primature pour s’expliquer

Le Premier ministre, Emmanuel Issoze Ngondet a reçu en audience, mercredi, les directeurs généraux de la Compagnie minière de l’Ogooué (COMILOG), Hervé Montegu et de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG), Antoine Boo, venus lui faire état, 24 heures après le déraillement d’un train minéralier appartenant à la compagnie minière de l’Ogouée, et du sit-in observé par de nombreux consommateurs devant le siège de la SEEG, en raison de la récurrente pénurie d’eau à Libreville.

S’agissant premièrement de la relation partenariale entre l’Etat gabonais et le groupe Eramet- Comilog et surtout l’incident du déraillement d’un train minéralier de la Comilog, survenu ce lundi dernier, le directeur général de l’entreprise a tenu à faire la lumière sur cet accident qui a paralysé le trafic.

Pour Hervé Montegu : « c’est aux environs de 13 heures au PK 154, dans le canton Ndjolé-Abanga dans la province du Moyen-Ogooué que l’incident est survenu. Fort heureusement aucun blessé n’a été enregistré lors de cet accident. 40 wagons chargés de 3000 tonnes de minerai sont sortis des rails et se sont renversés ». Face à cet incident, « les équipes de la Comilog et Setrag ont été alertées et elles étaient à pied d’œuvre tout au long de la journée.

Depuis hier, nous travaillons pour une réouverture de la voie prévue ce mercredi 14 février 2018 en début de soirée », a- t-il indiqué.
Pour cela, il a fait savoir au Chef du gouvernement que le déraillement qui se situe dans des zones dites « instables » a conduit la Comilog à mettre sur pied une commission d’enquête pour déterminer les circonstances de l’accident. Les résultats sont attendus pour apaiser et rassurer l’opinion.

En réponse, Emmanuel Issoze Ngondet a donné la position du gouvernement. « Le chef de l’État est très attentif à l’évolution de ce dossier et pense que des perspectives d’investissements et de modernisation de l’outil industriel ont été annoncées. Nous partageons ces projets. Le gouvernement vous accompagne. Nous serons aussi attentifs à limiter de nouveaux incidents ».

Sur la pénurie d’eau, le Premier ministre a interpellé la direction de la SEEG sur les nombreuses récriminations des ménages au sujet des difficultés d’approvisionnement en eau et les fluctuations des prix d’électricité ces derniers mois.

Le directeur général de la SEEG, Antoine Boo a apporté des éclaircissements sur les revendications des populations qu’il affirme « comprendre et partager. » Toutefois, il relève que « la SEEG fait tourner les capacités de production au maximum avec 22700 m3 d’eau, mais la demande augmente de 6% par an ». « La SEEG a triplé le nombre d’abonnements en eau potable, avec 175 500 abonnés à ce jour ».

Pour lui, la solution définitive au déficit d’eau à Libreville est la « construction d’une nouvelle usine. Ce que la SEEG ne cesse de plaider depuis longtemps. Mais ces projets ne sont pas portés par la SEEG qui est l’opérateur national ». Mieux, le projet « de Ntoum7 en étude permettra de satisfaire tous les besoins des consommateurs. La société d’énergie et d’eau du Gabon travaille avec acharnement pour satisfaire durablement sa clientèle », a- t-il conclu.

Rappelons que depuis lundi dernier, un collectif des habitants de certains quartiers sous de Libreville, confrontés à une pénurie d’eau, a organisé un sit-in devant le siège de la SEEG. Conduits par le président de l’Organisation gabonaise des consommateurs (OGC), Ibrahim Sendze Mboulou, les manifestants affirmaient être venus exprimer pendant trois jours leur ras-le-bol, face aux coupures intempestives de l’électricité et la mauvaise qualité de l’eau distribuée par la société.