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Législatives 2018 : Inquiétudes et interrogations au PDG avant les investitures 

  9 juillet 2018 à 23h07min 0 Commentaire(s)


 

Après l’annonce faite, samedi dernier, par Brice Laccruche Alihanga, le directeur de cabinet du président du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir), sur la publication, dans les prochains jours de la liste d’investitures des candidats du parti au pouvoir pour les prochaines élections législatives, l’heure est aux inquiétudes et aux interrogations au sein de cette formation politique, notamment au niveau des postulants vu qu’il revient au président du parti, Ali Bongo Ondimba, de statuer. 

Le message d’Ali Bongo Ondimba, relayé ce jour-là au cours de la grande messe qui a réuni les membres du bureau politique du Parti démocratique gabonais, susciterait des inquiétudes, de la peur ainsi que des interrogations non seulement au niveau des postulants, candidats à la candidature et ceux des militants qui sont acquis respectivement à leurs causes.
 
Au siège du PDG, samedi dernier, en dépit des applaudissements dans la salle de réunion, force a été de constater qu’à la sortie de cette réunion, on pouvait lire la peur, la crainte, l’angoisse et l’inquiétude sur les visages des membres du bureau politique qui ont pris part à la rencontre.

Tout cela se justifie d’abord par le fait qu’en décidant de désigner, lui-même, les candidats de son parti aux prochaines élections législatives, Ali Bongo Ondimba vient couper court aux affirmations qui faisaient état de l’organisation des élections primaires au sein de ce parti. Des primaires auxquelles s’étaient bien préparés les candidats à la candidature, qui nourrissent l’ambition d’être députés pour espérer être élus par les militants de leurs circonscriptions politiques. 

Toutefois, cette décision du président du Parti démocratique gabonais n’est pas fortuite. Elle découlerait d’abord des leçons tirées au sortir des élections internes des membres du bureau politique, du conseil national et du comité central. Lesquelles se sont tenues sur l’ensemble du territoire national, avant le dernier congrès de cette formation politique axé sur la « régénération » et la « revitalisation », tenu en 2017 à Libreville.

Au cours de ces élections, dont l’objectif était de permettre à la base de choisir eux-mêmes leurs différents responsables, plusieurs cas d’irrégularités orchestrées par des personnalités de ce parti, notoirement connues, ont été signalées. Achats des consciences, transports des électeurs d’une circonscription à une autre, enrôlement des électeurs non originaires des circonscriptions politiques et non militants du parti au pouvoir, etc., ont été organisés notamment par les candidats au bureau politique vu qu’une information qui circulait indiquait que : « devenir candidat aux élections législatives était conditionné par une élection au poste de membre du bureau politique ». 
  
Cette situation a conduit systématiquement au report, à l’annulation, et à la reprise des élections dans plusieurs provinces, notamment dans la Nyanga, l’Ogooué Ivindo, la Ngounié et l’Ogooué Maritime. En conséquence, elle n’a pas permis, dans certaines circonscriptions politiques, un vote objectif. 
 
Autre raison qui aurait amené le président du parti au pouvoir à désigner lui-même les candidats, ce serait les enseignements tirés, après l’élection présidentielle de 2016. Outre le départ de plusieurs barons du PDG pour rallier l’Opposition et notamment le camp de Jean Ping, nombreux sont des responsables de ce parti au pouvoir chargés de diriger la campagne de leur candidat qui seraient reprochés d’avoir été en intelligence avec l’adversaire.

En choisissant lui-même les candidats de son parti, Ali Bongo Ondimba entend faire chemin avec des militants fidèles, qui épousent sa vision politique. 
 
« La liste des investitures pour les prochaines échéances électorales sera connue dans 10 jours. Que ceux qui ont déposé des candidatures, etc. qu’ils sachent que c’est le Distingué camarade président, Ali Bongo Ondimba qui a le dernier mot et qu’ils sachent que ce n’est pas forcément eux qui seront investis », a rappelé, samedi dernier, Brice Laccruche Alihanga.