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Législatives 2018 : forces et faiblesses des candidats du PDG

  21 août 2018 à 14h54min 0 Commentaire(s)


En se référant à la réalité politique sur le terrain, aux premières réactions enregistrées, ainsi qu’au contexte politique du moment, marqué par une aspiration du renouvellement de l’élite politique et de l’arrivée de nouvelles figures sur l’arène, il ressort que les candidats du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir), investis, le 13 août dernier, présenteraient non seulement des atouts, mais également des faiblesses. 

Une semaine après l’investiture et la publication des candidats devant défendre les couleurs du parti au pouvoir aux élections législatives à venir, l’heure est désormais aux réflexions quant aux succès potentiels au terme de celles-ci, aux soirs des 6 et 27 octobre prochain. 
Pour la petite histoire, lors des interviews qu’il accordait souvent à la presse, le président fondateur du PDG, Omar Bongo Ondimba disait que « dans un village, on y trouve non seulement les bonnes personnes, mais également des mauvaises ». Il faisait allusion là à son entourage politique dont les actes posés par certains étaient appréciés pendant que d’autres étaient dépréciés dans l’opinion. 

Partant du fait que les mêmes causes produisent les mêmes effets, cette affirmation de feu Omar Bongo Ondimba serait le reflet de la liste des candidats du parti au pouvoir, qui présente non seulement des forces, mais également des faiblesses selon spécificités sur chaque siège électif. 
En ce qui concerne les forces, il faut relever tout d’abord la reconduction d’anciens barons du parti de masse, qui sont connus dans les différentes circonscriptions comme étant des mastodontes politiques. Pour les observateurs avertis, l’absence des ces barrons dans les starting-blocks pourrait causer du tort au parti au PDG, eu égard au fait que ces derniers auraient une parfaite connaissance de la réalité politique des sièges dans lesquels ils ont été réinvestis.

 
A cela s’ajoutent leur popularité et l’« indéfectible attachement » auquel ils font l’objet, relatif notamment à leur longévité, mais également à l’entretien régulier de l’électorat. C’est le cas de Paul Biyoghé Mba, au troisième arrondissement de la commune de Ntoum, de Jean Pierre Oyiba au premier arrondissement de la commune de Franceville (Sud-Est), du Général Idriss Ngari au département de Lékabi Léwolo à Ngouoni (Haut-Ogooué, Sud-Est), de Francis Ntolo Eya, dans le district de Bikondom, au Nord du Gabon, etc. 

Toujours en termes de « poids lourds politiques », l’autre atout que présentent ces candidats repose sur les positions influentes que plusieurs d’entre eux occupent. Car, nombreux sont des membres de l’actuel gouvernement, à commencer par le Premier ministre, lui-même, Emmanuel Issoze Ngondet, au premier siège du département de l’Ivindo, du ministre d’Etat en charge de la Culture et des Sports, Alain Claude Bilié-By-Nzé, au deuxième siège, du ministre d’Etat en charge de la Communication, Guy Bertrand Mapangou au premier siège du département de Tsamba Magotsi, du ministre d’Etat à la Santé, Denise Mekam’ne, dans le commune de Ndjolé, du ministre d’Etat aux Affaires étrangères, Régis Immongault à Lastourville, etc. Et, selon l’expérience en matière d’élection au Gabon, il est rare qu’un membre du gouvernement, candidat aux élections législatives, locales et sénatoriales, échoue.

Une des forces qui caractérisent également des candidats du parti démocratique gabonais, c’est l’arrivée de nouvelles figures, considérées comme étant la relève, sinon la nouvelle génération, en réponse aux récriminations des populations qui ne cessent de condamner l’investiture des mêmes personnalités à chaque élection. On peut citer le cas du candidat de la commune de Bitam, Tony Ondo Mba, du candidat du deuxième arrondissement de la commune de Franceville, Justin Ndoundangoye, du candidat du premier siège du quatrième arrondissement de Libreville, Sévérin Pierre Ndong Ekomi, etc. 

S’agissant des faiblesses, celles-ci se font déjà ressentir notamment au niveau des réactions quotidiennes et des contestations enregistrées au lendemain de la publication des listes des candidats.
Premièrement, certains candidats auraient une image négative dans leurs circonscriptions politiques au regard des actes posés, depuis le premier mandat du président Ali Bongo Ondimba, dans le but de détruire l’image du PDG. Les différentes bases reprocheraient à ces candidats d’avoir été des freins, dans la mise en œuvre du programme politique de développement du président de la République, pourtant bien engagé en 2009 par plusieurs chantiers. Mieux encore, d’avoir implicitement été à la manœuvre, en étant en intelligence avec l’Opposition, pour conduire le candidat du parti démocratique gabonais à la défaite au sortir de l’élection présidentielle de 2016.

Aussi, compte tenu de l’aspiration quotidienne des populations au bien-être, certains candidats pourraient se heurter aux oppositions de leurs différentes bases électorales, à cause de l’arrêt et de la lenteur observés dans l’exécution de plusieurs chantiers axés sur la construction des infrastructures, lesquels ont pourtant bien démarré à grande pompe au premier mandat de l’actuel chef de l’Etat. A l’exemple des travaux de construction de plusieurs axes routiers comme Ovan-Makokou, Maoanda-Bakoumba. Y compris des tronçons non encore travaillés et ceux qui sont restés seulement au stade d’études. 

Outre cet état de fait, il est également à noter l’impopularité et le manque d’expérience notoire de certains. En effet, une partie de candidats investis seraient en situation de faiblesse, tout simplement parce que la base ne se reconnaîtrait pas dans leur choix. Le cas du premier arrondissement de Libreville en est une illustration. Là-bas, la candidature de l’ancien maire Joseph Marie Boussengue (d’ethnie Nzebi), candidat au 2e siège est rejeté par la communauté autochtone, les Myènè, dont les représentants se sont réunis en assemblée, le mercredi 15 août dernier, au quartier Louis. A cette contestation, on parle aussi de celle du porte-parole du parti, Stéphane Iloko Boussengui, au premier siège de l’Ogoulou à Mimongo, dans la Ngounié, au sud Gabon.