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Législatives 2018 : la pomme de discorde de l’Opposition réunie autour de Jean Ping

  8 mars 2018 à 12h16min 0 Commentaire(s)


L’unité de l’Opposition, constatée pendant la présidentielle de 2016, est progressivement remise en cause, au regard de l’évolution de la situation politique actuelle, marquée par les différents sons de cloches des acteurs politiques membres de la coalition pour la nouvelle République (CNR).

Cette unité qui, à première vue semblait efficace, est mise à mal par les ambitions et les stratégies des différents partis politiques. La Coalition pour la nouvelle République (CNR) que préside le candidat déchu à l’élection présidentielle, Jean Ping, connait des scissions. Au départ, pour l’unité de cette coalition, il était prévu de dégager une position commune, afin de continuer à incarner la cohésion de ce bloc politique.
Mais, les évènements ont dessiné un autre schéma avec la dislocation en deux courants de pensées caractérisés par des déchirures internes dont le malaise grandissant entame le moral des militants, adhérents et sympathisants. Il y a désormais deux camps : celui de ceux qui optent pour la participation aux prochaines élections législatives et celui du refus.

Le premier camp est incarné par l’Union nationale (UN) de Zacharie Myboto, les Démocrates de l’ancien président de l’Assemblée nationale, Guy Nzouba-Ndama, du Rassemblement Héritage et modernité d’Alexandre Barro Chambrier et, l’Union et solidarité de Jean De Dieu Moukagni Iwangou.

Pour eux, la volonté née d’accéder au pouvoir par les voies légales avant, durant et après l’élection présidentielle, devrait motiver les uns et les autres à prendre une part active aux élections législatives à venir. Investir le parlement en vue d’asseoir leurs idéaux, du moins sur le plan législatif est la priorité. 
Tirant les leçons du passé, ils pensent également que la politique de la chaise vide ne paie pas. En 2011, le boycott des élections législatives avait permis au parti au pouvoir (PDG) d’avoir une majorité absolue à l’Assemblée nationale et de prendre le contrôle de la vie politique du pays, ce qui leur a été préjudiciable par la suite.

De plus, ils estiment que le terrain politique est favorable à l’Opposition, eu égard aux résultats obtenus à l’issue de l’élection présidentielle de 2016 où, selon le verdict officiel des urnes, le candidat Jean Ping avec plus de 48% de voix talonnait le vainqueur de l’élection, Ali Bongo Ondimba 50, 66% de voix. L’Opposition veut donc saisir cette opportunité, en espérant miser sur ce résultat.

En revanche, le camp du refus, constitué d’un groupuscule de partis politiques dit ne pas vouloir prendre part aux législatives à venir. Il s’agit de l’Alliance démocratique et républicaine (ADERE), le Congrès pour la démocratie et la Justice (CDJ), le parti les Souverainistes, le Parti gabonais du progrès (PGP), l’Union des patriotes gabonais et loyalistes (UGPL), l’Union républicaine pour le progrès (URDP), le Parti des républicains indépendants (PARI).

Ils affichent une volonté farouche de rétablir la vérité des urnes qui, selon eux, auraient donné la victoire à leur candidat avec plus de 60% des voix. Pour eux, plutôt que d’aller aux prochaines élections législatives, la préoccupation première serait de rétablir la vérité des urnes aux dernières élections présidentielles.

Ces six partis politiques évoquent, comme prétexte, le respect de la mémoire des victimes du 31 août 2016, au quartier général du candidat d’alors Jean Ping pour ne pas participer à cette compétition électorale. De même, prendre part à ces élections pour eux serait synonyme de reconnaissance de l’élection d’Ali Bongo Ondimba dont ils contestent toujours la victoire.

Une position confortée par le Diaspora gabonaise vivant en Occident, élément essentiel et déterminant dans leur stratégie de lutte. A ce refus, il faut ajouter l’absence des conditions pour une organisation des élections transparentes et crédibles au Gabon.
A quelques mois des élections législatives, l’Opposition réussira-t-elle à adopter une position commune ?