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Législatives 2018 : le report se précise 

  10 avril 2018 à 22h37min 0 Commentaire(s)


La date butoir du 28 avril 2018 annoncée par la Cour constitutionnelle pour la tenue des élections législatives, semble de plus en plus hypothétique. Et pour cause, le Centre Gabonais des Elections (CGE), organe chargé de l’organisation des élections en République gabonaise, conformément aux résolutions du dialogue politique d’Angondjé et la révision de la liste électorale ne sont pas effectifs.

Le Gouvernement de la République Gabonaise pourrait introduire à nouveau une troisième saisine par l’entremise du ministère de l’Intérieur auprès de la Cour constitutionnelle, en vue de solliciter une énième dérogation, après les décisions de report des élections législatives arrêtées le 02 décembre 2016 et le 11 juillet 2017.

Cette troisième sollicitation du Gouvernement pourrait essentiellement reposer sur des arguments juridico-techniques à même de la (sollicitation) crédibiliser. Au premier chef, l’ordonnance n°00002/PR/2018 modifiant certaines dispositions de la loi n° 17/96 du 15 avril 1996 portant dispositions spéciales relatives à l’élection des députés à l’Assemblée nationale.

L’ordonnance ratifiée par les députés membres de la commission des lois, des affaires administratives et des droits de l’homme est une émanation des conclusions issues du dialogue politique d’Angondjé et au cours duquel, la classe politique, (Majorité/Opposition) a manifesté la volonté de faire évoluer les institutions de la République, dans le sens de leur modernisation, pour un raffermissement de la démocratie.

Cette ordonnance intègre deux changements majeurs issus de la récente révision de la Constitution pour ce qui concerne les Députés, qui est la conséquence direct des changements intervenus dans la loi fondamentale au plan constitutionnel : le retour à un scrutin uninominal à deux tours pour l’élection des députés et l’affirmation de la compétence du président du Centre Gabonais des Elections (CGE).

Le Centre gabonais des élections (CGE) aura à fixer, désormais, selon les termes des assises d’Angondjé, les dates des élections ; tout en veillant à ce que les commissions locales et consulaires soient mises en place en cas d’élections. Dans sa composition, chacun des camps aura à désigner 4 personnes pour la commission ad’ hoc en vue de réceptionner les candidatures pour la présidence du CGE. Chaque camp désignera de manière paritaire, 5 personnes, pour un collège spécial qui élira le président du CGE. Ensuite, l’Opposition et la Majorité désignent, chacun, un vice président, un rapporteur et un questeur pour un mandat renouvelable de deux ans.

Or, l’Opposition et la Majorité ne sont qu’au stade de la désignation de leurs membres dans les instances qui lancent le processus de mise en place du CGE. 44 partis politiques de l’Opposition ont déposé, fin mars 2018 seulement, les noms des candidats devant les représenter au sein dudit organe. Toute chose qui participe de l’impossibilité de respecter le délai du 28 avril, pour l’organisation des élections législatives 2018.

Avec le Centre gabonais des élections, les consultations électorales seront organisées 60 jours après sa mise en place. Ce qui laisse penser une fois de plus que les acteurs politiques Gabonais n’auront d’autres choix que d’être conséquents, en s’appuyant notamment sur les décisions et recommandations issues du dialogue 2017 à Angondjé et actées récemment à l’Assemblée nationale.

Vu sous un angle autre, la question de la révision de la liste électorale reste entière. Même si le Gouvernement, par l’entremise des ministres du Budget et de l’Intérieur ont annoncé son lancement imminent. Le matériel électoral dans un bel état de conservation, n’attendrait que s’insèrent, dans le fichier, les logiciels des dates du scrutin et la configuration des nouveaux sièges créés, pour que soit lancée l’opération de révision de la liste électorale.