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Les élèves investissent les rues pour défendre leur droit à la bourse

  9 avril 2019 à 00h42min 0 Commentaire(s)


Des milliers d’élèves des lycées et collèges publics de Libreville et l’intérieur du pays ont battu le bitume, ce lundi 08 avril, pour protester contre les mesures gouvernementales touchant l’éducation, notamment les nouvelles modalités d’attribution des bourses d’études prises en conseil des ministres le 29 mars dernier (être âgé de 19 ans au plus et avoir 12/20 au baccalauréat, ndlr).

Les mesures prises par le gouvernement, lors du Conseil des ministres du 29 mars dernier, sur les nouvelles modalités d’attribution des bourses d’études, ont suscité de vives réactions de la part des élèves ce lundi 08 avril, jour de rentrée des classes pour le 3ème trimestre de l’année académique. En effet, plusieurs centaines d’élèves ont investi les rues de la capitale gabonaise et des différentes localités de l’intérieur du pays pour protester contre ces mesures.
 
Des lycées Paul Indjendjet Gondjout, National Léon Mba, Technique Omar Bongo de Libreville, aux lycées Joseph Ambouroue Avaro et technique Jean Fidèle Otando de Port-Gentil, en passant par le lycée Alexandre Sambat de Makokou, le constat a été le même.

De manière unanime, ces apprenants ont crié haut et fort leur mécontentement et réclament l’annulation de ces mesures.
 
Pour Saturnin, élève au collège Alénakiri, le gouvernement fait dans la distraction. « Les vrais problèmes du Gabon sont ailleurs et nous les connaissons biens. Les membres du gouvernement actuel ont tous bénéficié de ces avantages à leur époque et c’est nous qu’ils viennent sacrifier, en adoptant ces mesures. Si le pays à des problèmes financiers, en quoi la jeunesse est-elle responsable ? Les détourneurs des fonds publics ont les connait. Donc, qu’on arrête de nous distraire.

Aussi, nous n’allons pas nous taire tant que cette mesure ne soit levée », a-t-il dit.
 
Même son de cloche à Lambaréné, dans le Moyen-Ogooué (Centre) où Ornella, jeune élève au lycée Charles Mefane, estime que le gouvernement a mis la charrue avant les bœufs : « Pour moi, le gouvernement a mis la charrue avant les bœufs. En effet, avant de prétendre avoir le Bac à 19 ans et avec 12/20, il faut que les conditions d’apprentissage soient revues.

Quels résultats peut fournir un élève s’il évolue dans des effectifs pléthoriques, suite au manque d’établissements ? Quel rendement va-t-il apporter si les enseignants font grève à tout bout de champ, parce que ces derniers réclament leur vacation où prime ? Pour ne citer que ces deux exemples. De ce fait, il serait mieux que le Premier ministre et ses collaborateurs nous fournissent des établissements scolaires de qualité et assurent aux enseignants un mieux-être professionnel adéquat, avant de nous exiger leur fameux 19 ans et 12/20 ».

Un avis conforté par Jonathan, étudiant à l’université Omar Bongo. « Les décisions prises par le gouvernement, concernant les modalités d’attribution des bourses, ne sont pas mauvaise en soi. Seulement, avant de prendre des décisions, il faut tenir compte de l’environnement. En effet, avoir son Bac à 19 ans au Gabon est possible, mais ce n’est pas courant. Ensuite, s’il faut rajouter le facteur de 12 de moyenne, c’est là que le bât blesse. Car, même pour avoir 10/20, ce n’est pas facile. Ainsi, il faudrait que ces mesures soient revues », a-t-il déclaré.