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Les explications du gouvernement sur sa politique des réformes 

  9 avril 2019 à 00h48min 0 Commentaire(s)


Le Premier ministre gabonais, Julien Nkoghé Békalé a animé, ce lundi O8 avril à Libreville, un déjeuner de presse pour apporter des éclaircissements aux professionnels des médias, les raisons et le bienfondé des réformes engagées par le gouvernement. Cette rencontre a vu la présence des chefs de départements ministériels de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur, de la Fonction publique, et de la Formation professionnelle concernés par lesdites réformes qui pour certaines sont boudées par les populations.

Dans son intervention, le Premier ministre a rappelé que le canevas du gouvernement repose sur une politique de réformes, une forte tonalité sociale pour répondre aux attentes des gabonais et une volonté du dialogue permanent qui vise l’apaisement au niveau politique. 

S’agissant particulièrement des réformes, Julien Nkoghé Békalé a indiqué que ces réformes se justifient par la baisse de recettes fiscales et douanières et l’augmentation des dépenses. Et, partant de cette logique, il a dit que le gouvernement n’a pas d’autres alternatives que de prendre les mesures « courageuses », « audacieuses », dans un souci de Bonne gouvernance. Des mesures, a-t-il poursuivi, qui ne doivent pas être assimilées comme discriminatoires.
Sur la question relative à la modification des conditions d’attribution de bourses, le chef du gouvernement a précisé que cette mesure n’est pas une invention du gouvernement, mais celle des états généraux de l’éducation nationale tenue en 2010 à Libreville. 

« La décision de revoir les conditions d’attributions des bourses décidée par le gouvernement, n’est pas une invention. Elle relève des conclusions des états généraux de l’Education produites les enseignants et plusieurs acteurs du monde éducatif gabonais eux-mêmes. En prenant cette décision, le gouvernement ne fait qu’appliquer ce que les acteurs du monde de l’Education avaient proposé », a-t-il dit. Précisant que « ces résolutions ont fixé initialement l’âge d’obtention de la bourse avec une moyenne de 12/20 à 17 ans, mais c’est le gouvernement qui a revu à 19 ans, au regard des réalités sur le terrain ».

Le chef de gouvernement a également fait savoir que le décret prévoit d’autres options pour les bacheliers âgés de plus de 19 ans. Il s’agit notamment du prêt bancaire ou la réorientation dans l’enseignement professionnel. 

Une affirmation partagée par le ministre de l’Education nationale, Michel Menga M’Essone et son collègue en charge de l’Enseignement supérieur, Jean de Dieu Moukagni Iwangou. Ce dernier dans son intervention, a démontré que la décision du gouvernement, loin d’être discriminatoire, est tirée des prévisions qui disent que la durée du cursus normal d’un élève du pré-primaire au secondaire est censée être de 17 ans. Tout comme des statistiques des résultats du baccalauréat de 2010 à 2018 qui démontrent que ce sont les élèves âgés de 19 ans et moins, qui réussissent à l’examen du baccalauréat avec mention dans toutes séries confondues. 

Pour sa part, le ministre de la Fonction publique, Madeleine Berre, a rappelé que la décision de réduire 50% de la main d’œuvre non permanente des effectifs des agents publics, s’inscrit dans le cadre de la Bonne gouvernance. Il s’agit, a-t-elle poursuivi, d’une mesure qui vise à une meilleure utilisation de l’agent public vu que les recrutements effectués ne cadraient pas avec la demande des différents ministères. 

« Les objectifs des réformes restent surtout une opportunité qui permettra au gouvernement d’examiner notamment l’externalisation de certains services, la reconversion et la formation des agents répondant aux exigences de performance de l’administration, l’amélioration de la gouvernance de la gestion de nos ressources humaines en corrélation avec les besoins réels de chaque administration et l’adoption d’un régime juridique qui prend en compte cette catégorie d’agents. Lorsque nous auront terminé le recensement, nous remettrons les conclusions au Premier ministre », a-t-elle dit. 

En conclusion, Julien Nkoghé Békalé a indiqué le projet de texte relatif aux nouvelles conditions d’attributions des bourses sera adopté au conseil interministériel du Jeudi 11 avril prochain avant d’être soumis au président de la République au Conseil des ministres. Reconnaissant qu’une loi est modulable, il a indiqué que le gouvernement pourrait reculer au cas où cette réforme ne trouverait pas l’assentiment de la majorité des gabonais.