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Les pays d’Afrique centrale résolus à coordonner la lutte contre la prolifération des armes légères

  13 juin 2017 à 23h01min 0 Commentaire(s)


La mutualisation des efforts et des moyens est la solution la plus efficace pour mettre fin à la prolifération des armes légères et de petit calibre, phénomène préoccupant au sein de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC), a estimé vendredi à Yaoundé le Comité consultatif permanent des Nations Unies chargé des questions de sécurité en Afrique centrale (UNSAC).

Au terme de deux jours de travaux, l’UNSAC a "défini des orientations pratiques et opérationnelles" en vue de coordonner la lutte contre l’insécurité, l’instabilité et la criminalité transnationale, a déclaré le ministre camerounais des Relations extérieures, Lejeune Mbella Mbella.

Entre les attaques terroristes de la secte islamiste nigériane Boko Haram au Cameroun et au Tchad, les violences interconfessionnelles en République centrafricaine (RCA), puis la crise politique en République démocratique du Congo (RDC), au Burundi et au Gabon, six des onze pays de la CEEAC sont touchés par de graves menaces à la paix et la stabilité.

Ces menaces peuvent contribuer à amplifier l’émergence de nombreux groupes armés et aggraver des phénomènes tels que la prolifération des armes légères et de petit calibre, le trafic de drogue et d’êtres humains, le braconnage et le trafic illicite des espèces sauvages, la criminalité transnationale ou encore la piraterie maritime.

En 2010, ces pays avaient adopté à Kinshasa (RDC) la Convention de l’Afrique centrale pour le contrôle des armes légères et de petit calibre, de leurs munitions et de toutes pièces et composantes pouvant servir à leur fabrication, réparation et assemblage. Depuis le 8 mars, cette convention est entrée en vigueur.

Lors de sa 44e réunion ministérielle tenue jeudi et vendredi à Yaoundé, en présence de François Louncény Fall, représentant spécial du secrétaire général et chef du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique centrale (UNOCA), l’UNSAC s’est montré résolu à intensifier la lutte contre ce fléau.

M. Fall a salué les progrès accomplis, notamment "une déclaration forte sur la revitalisation de l’UNSAC". Cela traduit un réel engagement de la part de l’UNSAC pour mieux faire face aux questions de sécurité en Afrique centrale, mais d’autres questions importantes telles que la République centrafricaine devraient également être abordées, a-t-il estimé dans un entretien accordé à Xinhua.

"La question de Boko Haram est au cœur de notre dispositif sécuritaire, car il s’agit d’une crise qui touche deux régions, l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale", a-t-il affirmé, soulignant que les Nations Unies continueraient à soutenir le Nigeria, le Cameroun, le Tchad et le Niger, affectés par cette crise dite du lac Tchad.

Ce soutien, a précisé l’ex-Premier ministre guinéen, vise "non seulement à mettre fin aux activités criminelles de Boko Haram, mais aussi à venir en aide aux régions affectées, et surtout réduire l’impact sur les populations vulnérables que constituent les femmes et les jeunes. Nous avons déjà des projets qui sont en cours".

"Au moment où je vous parle, j’ai déployé une équipe de l’UNOCA qui est sur le terrain. Elle a visité Maroua, dans le Nord du Cameroun, et se trouve vendredi à Kousséri. Nous allons développer avec le Fonds de consolidation de la paix des Nations Unies des projets de résilience en faveur de ces populations dans ces différentes régions", a-t-il annoncé.