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« Libérez les trottoirs » de retour à Libreville !

  9 avril 2019 à 00h30min 0 Commentaire(s)


Initiée il y a quelques années par les autorités municipales de Libreville, l’opération libérez les trottoirs avait pris du repos. Cependant, depuis quelques semaines, l’opération semble avoir repris. Nombreux sont ces carrefours où l’on aperçoit à peine un étal de commerce.

De l’ancienne Gare routière à l’échangeur de Nzeng-Ayong, en passant par le carrefour Rio, certains étales de commerces ne sont plus perceptibles. Pour cause, nombreux sont ces commerçants qui paient les frais de l’opération « Libérez les trottoirs », qui semble avoir repris.

Selon les autorités, cette action vise à assainir la ville et à redonner à la capitale gabonaise son embellissement d’antan. En effet, pour le ministre de l’Intérieur avait annoncé, lors d’une journée citoyenne, la mise en place imminente d’une opération dénommée « Libérez les trottoirs ». « La capitale gabonaise n’a que trop souffert de ces encombrements sources parfois des embouteillages à certains endroits. Je précise que même les vendeurs à la sauvette ne seront pas épargnés. Ainsi, j’invite tous ceux qui ont cédé des espaces à usage commercial qui débordent sur les trottoirs de les démolir eux-mêmes avant que la force publique n’arrive », a déclaré Lambert Noël Matha.

Si cette opération est salutaire pour bon nombre de gens, il n’en demeure pas moins que pour plusieurs commerçants celle-ci reste discriminatoire. Car, certains espaces n’ont jamais été touchés par la mesure, comme l’explique Amidou, vendeur de Friperie au rond point d’Awendje, dans le 4ème arrondissement de Libreville : « Nous ne refusons pas de quitter les trottoirs. Force reste à la loi. Seulement, on se rend compte que c’est une mesure à deux vitesses. En effet, certains sont déguerpis et pas d’autres. Par exemple les commerçants d’Akébé où des 9 étages n’ont jamais été inquiétés par cette opération. Face à cela, beaucoup se sentent lésés et fond dans la résistance quand les agents viennent les déloger ». 

Donnant son avis sur la question, dame Marguerite, vendeuse de banane plantain, a indiqué que la problématique des marchés anarchiques est entretenue par les autorités municipales, elles mêmes. « Chaque fois, on vient chasser les commerçants, sous-prétexte qu’ils occupent les trottoirs.

On ne refuse pas ! Pourtant, les autorités municipales ont laissé prospérer cette situation qui ne date pas d’aujourd’hui. La preuve, ces mêmes autorités municipales prélèvent, quotidiennement, les taxes aux « commerçants des trottoirs ». Outre ce qui précède, nous sommes confrontés au problème d’aménagement des marchés.

Plusieurs diront qu’il y a des marchés, mais les commerçants préfèrent vendre en bordure de route. Or, c’est faux. A dire vrai, ces, soi-disant marchés présentent des manquements (éloignement, insécurité, manque de chambre froide, les tarifs élevés des étals, etc.) », a-t-elle confié.

Devenu la proie de toutes formes de commerce spontané sur les trottoirs, Libreville ressemble à un grand marché à ciel ouvert au lieu d’une ville moderne. Vivement que cette opération vienne redonner à la capitale gabonaise son visage reluisant.