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Littérature / Présentation d’un nouvel ouvrage

  1er décembre 2020 à 21h36min 0 Commentaire(s)


« Précis du Mapékisme » est le titre du l’ouvrage, dont le sous-titre « Essai de théorisation d’un courant littéraire » - publié aux Editions Universitaires Européennes en Allemagne, le 7 septembre 2020 - apporte la lumière et la précision sur l’offre originale et révolutionnaire que le Camerounais Majêk Makép, de son patronyme André Théophile Essomé Essomé, introduit dans l’univers littéraire, artistique et philosophique.

Le théoricien justifie la naissance de ce courant et cette école de pensée par le fait que, depuis ses années d’études au second cycle de l’enseignement secondaire, il est habité par une idée nourrie par un double constat. D’une part, que les écrivains africains n’enracinent pas leurs œuvres sur les courants et écoles littéraires contrairement aux écrivains occidentaux ; et d’autre part, de manière générale (en Occident comme en Afrique), que depuis la fin du XXè siècle, les notions d’écoles et de courants littéraires et de pensées n’ont plus droit de cité ; des textes des auteurs ne se greffent plus systématiquement sur des canons spécifiques, ne suivent plus une orientation particulière, n’ont plus une vision particulière du monde à véhiculer. Pourtant, le XXIè siècle, qui charrie une révolution et un bouleversement sans précédent sur les plans économique, politique, technologique, social et sociologique, est propice à l’ingénierie intellectuelle donc littéraire, artistique et philosophique. Partant de la conception selon laquelle « la littérature est fille de son temps », le Maképisme se veut l’expression de ce siècle marqué ou dominé par les Technologies de l’information et de la communication.

Précis du Maképisme/Essai de théorisation d’un courant littéraire se décline en cinq chapitres :
Le chapitre 1 est une plongée dans le contexte de l’apparition du Maképisme : le XXIè siècle, siècle de la mondialisation (avec son corollaire de village planétaire) et de la primauté des Technologies de l’information et de la communication dans les sphères de la vie. Il invite les auteurs et créateurs à ancrer leurs œuvres sur la mouvance du siècle en cours. D’où la définition maképiste qui fait de la littérature « un océan sur lequel sont jetés des navires, qui sont des genres littéraires, dont la boussole est le courant littéraire ». Par cette vision, le Maképisme entend « orchestrer une rupture dans la manière de faire la littérature, l’art et la philosophie marquée par une carence épistémologique depuis la fin du XXè siècle, ceci par trois exigences fondamentales :
- la restauration des courants et écoles littéraires, artistiques et philosophiques. Ce qui permet de comprendre le projet, l’orientation ou la vision du monde de l’auteur, son apport et son impact dans la société, l’esthétique employée et les thématiques abordées ;

- la contribution de la littérature, de l’art et de la philosophie à l’édification d’une société mondiale à visage humain ;
- donner à la littérature, à l’art et à la philosophie leur vocation transcendante de l’humaine condition ».
Le chapitre 2 élabore les fondements technologiques et littéraires du Maképisme.
Le chapitre 3 présente le côté philosophique du Maképisme, dont le concept est l’Universalité.

Le chapitre 4 est consacré aux caractéristiques de l’école littéraire et artistique qui constituent le Maképiqme.
Le chapitre 5 révèle les implications du Maképisme dans l’univers littéraire et artistique à la lumière de l’école de la Pléiade.
LA LITTERATURE GABONAISE DANS LE MAKEPISME
Le Maképisme trouve dans la littérature gabonaise, un champ d’expression vital aussi bien pour l’esthétique que pour la vision et le projet que cette école apporte dans l’univers littéraire, artistique et philosophique au XXIè siècle.

Parlant des procédés d’écriture du Maképisme, en page 30, Majêk Makép énonce que « Entre la fiction et la réalité, le fossé est très étroit de manière à ce qu’il deviendra difficile pour le lecteur de dissocier les deux facettes d’une œuvre de l’esprit ». Et pour illustrer cette assertion, le théoricien indique : « La littérature gabonaise excelle dans ce registre. Sylvie Ntsame manie avec aisance et un succès remarquable ce style dans nombre de ses romans, tels que « Malédiction », « La Fille du Komo », « Mon amante, la femme de mon père », « Femme libérée, battue ». Nous nous rappelons, c’était en 2017, à la fin du premier spectacle de la pièce intitulée « Malédiction » (une adaptation du roman du même titre), dans la salle de spectacles de l’Institut français de Libreville, Sylvie Ntsame avait pris la parole et dit : « Quand j’ai fini d’écrire cette histoire, j’ai donné le manuscrit à un ami de lire. Au moment de me le remettre, il a dit : « C’est bien, mais pendant tout le temps de la lecture, je dormais avec la machette aiguisée au chevet du lit ! » (P.33). 

C’est dans sa vision et son projet que le Maképisme croit trouver un champ fertile dans la littérature gabonaise. En effet, traitant du Code, le Maképisme prend fait et cause pour la littérature patrimoniale ou nationale, convaincu qu’à l’ère de la Globalisation, il est un crime contre l’Humanité de continuer à tenir les langues africaines pour des dialectes, des patois. Et c’est Sylvie Ntsame, qui tient le haut du pavé à travers son roman « Mon amante, la femme de mon père ». Quelques clichés :
« A ne yèh ? Qu’est-ce qu’il y a ? » ;
« Zalé ! Qui est-ce ? »...

Mais la question que le théoricien s’est posé est : « pourquoi l’écrivaine gabonaise ne s’est pas résolument établie dans la littérature patrimoniale ou nationale. Le roman intitulé Mon amante, la femme de mon père se positionne comme la traduction en français d’une histoire racontée en fang (fañ) » (P.39).
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Gabontribune / Joël Tatou