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Mise à plat de la BOP : une décision salutaire 

  21 mai 2018 à 19h24min 0 Commentaire(s)


Le Conseil des ministres du 17 mai 2018 à Libreville a décidé de mettre à plat le système de la Budgétisation par Objectif de Programmes (BOP). Une mesure qui permettra plus d’efficacité et de rapidité dans la gestion de la dépense publique.

Face à une conjoncture économique et des engagements pris vis-à-vis des populations gabonaises en vue d’améliorer leurs conditions de vie, et surtout la mise en place d’un nouveau Plan de relance économique, lequel tient compte des exigences des bailleurs de fonds, la décision qui vise à mettre à plat la Budgétisation par objectif de programmes est la solution aux exigences que les autorités se sont assignées pour atteindre l’objectif de développement à l’horizon 2025, contenu dans le Plan stratégique Gabon émergent.

« La préservation des acquis sociaux et surtout la mise en œuvre, dans les plus brefs délais, des engagements du président de la République, annoncés lors de son adresse à la nation le 31 Décembre 2017, sont des impératifs », déclarait le Premier ministre, Emmanuel Issoze Ngondet.

En effet, instauré en 2015, la BOP est un nouveau modèle de gestion qui permet aux managers de disposer librement de leurs crédits et de leur gestion. « Ces ordonnateurs délégués sont, en quelque sorte, ceux qui peuvent donner l’ordre au Trésorier payeur général de sortir l’argent des caisses de l’État pour effectuer une dépense publique », expliquait à ce sujet un haut fonctionnaire du ministère du Budget. Cette modification du fonctionnement répondait au souci d’alléger les procédures d’exécution de la dépense publique.

Malheureusement, ce fonctionnement ne s’est pas effectué sans heurts, au regard des lenteurs observées dans les décaissements des fonds, ainsi que des scandales de détournements et surtout de surfacturation relevés par les contrôleurs budgétaires dans la mise en œuvre des dépenses par certains ordonnateurs de crédits.
La crise économique faisant son bonhomme de chemin avec son corolaire, une réponse urgente s’imposait à travers le Plan de relance économique dont les ajustements, récemment apportés au cadrage macroéconomique et budgétaire, répondaient aux exigences et invitaient à l’examen de la Budgétisation par Objectif de programmes.

Si celui-ci, n’est pas supprimé, il connaitra du moins un ajustement quant aux exigences de l’heure. Grâce à cette nouvelle configuration, les responsables de la Direction du budget et des finances publiques s’attèleront à apporter des solutions efficientes aux faiblesses détectées au niveau de l’exécution du budget, et particulièrement pour la mise en œuvre du Plan de relance économique.

C’est le cas par exemple des écarts entre la composition des dépenses effectives et celles du budget initial. Il y aura également le renforcement du contrôle et du suivi des arriérés domestiques et de la masse salariale.

A ce propos, le Conseil des ministres, a également annoncé la réduction de la masse salariale dans la fonction publique. « Celle-ci doit impérativement être réduite. Il en va de la bonne santé de nos finances publiques et de l’amélioration du service public aux usagers », martelait le Chef du gouvernement.

De même qu’une revue complète de la dette pour en garantir la soutenabilité et surtout une gestion optimale est prévue, ainsi qu’une plus grande rationalisation et une meilleure priorisation des investissements.