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Négociation Gouvernement-Syltteg : Jean Robert Menié propose la mise en place d’un Fonds de stabilisation et la révision du barème des amendes 

  24 juin 2018 à 17h17min 66 Commentaire(s)


Les négociations entre le Gouvernement et le Syndicat libre des transporteurs terrestres du Gabon (Syltteg), ont débuté, jeudi 14 Juin dernier, avec la mise en place d’une commission de réflexion sur l’actuel mécanisme d’indexation des prix à la pompe. sur la question, le président du Syltteg, Jean Robert Menié, soutient que la création d’un Fonds de stabilisation serait l’une des solutions à la hausse continuelle des prix du carburant.

Les négociations entre le Gouvernement et le Syndicat libre des transporteurs terrestres (Syltteg), ont pour but d’apporter des réponses adéquates aux deux revendications des transporteurs urbains et suburbains, notamment la suppression de la dernière hausse des prix des produits pétroliers, la fin des rackets orchestrés par les policiers et gendarmes.

S’agissant du premier point, le président du Syltteg, Jean Robert Menié, compte proposer au Gouvernement, entre autres solutions, la mise en place d’un Fonds de stabilisation des prix du carburant. Selon lui, ce Fonds règlerait la question de l’indexation des prix à la pompe, notamment en stabilisant les prix, et ce malgré l’augmentation du cours du baril du pétrole.

En effet, explique-t-il, ‘l’indexation veut dire qu’on regarde l’évolution du cours du baril de pétrole. Si ce dernier augmente, le coût à la pompe augmente également à cause de notre mécanisme d’indexation. Car, en réalité, c’est ce mécanisme qui fait augmenter les coûts à la pompe. Et le Fonds de stabilisation règlerait ce problème vu que le Gouvernement pourra prendre dans ce Fonds le différentiel, plutôt que le répercuter à la pompe’’.

Concernant le second point, Jean Robert Menié proposera au Gouvernement la révision du barème des amendes qu’il estime élevées et à l’origine du racket orchestré par les policiers et gendarmes le long des axes routiers.

‘’Nous proposerons la révision du barème des amandes. Ce barème est trop élevé et favorise les transactions entre les agents verbalisateurs et les usagers. Par exemple, si l’agent verbalisateur vous dit que l’amande à payer est à 50.000 F CFA, si vous n’avez pas cette somme, vous êtes obligés d’entrer en négociations et donner entre 1.000 F CFA et 2.000 F CFA. Or, si l’amande était moins élevée, l’usager paierait facilement au Trésor et il n’y aurait pas de racket’’, soutient le président du Syltteg.

Toujours en rapport avec le second point, le syndicaliste souhaite également demander au Gouvernement l’assainissement de la procédure des contrôles routiers dans les corps visés : Brigade de contrôle routier du ministère des Transports, la police et la gendarmerie.

‘’Nous voulons la suppression de ce système de numéro, qui consiste à donner de l’argent à un agent, qui coche votre numéro afin de vous permettre de travailler jusqu’à une certaine heure. Lorsqu’une autre équipe d’agents verbalisateurs arrive, vous devez payer à nouveau. C’est ce système qui crée le racket. On n’est plus dans un contrôle normal’’, a martelé Jean Robert Menié.

Pour faire face à cette dérive, le président du Syltteg veut soumettre au Gouvernement le renforcement des missions de l’inspection générale de police, pour ce qui est des agents des forces de police d’une part, et le renforcement des missions de la police militaire, pour ce qui est des agents de la gendarmerie, d’autre part.
‘’Nous pensons que si ces deux entités ont des pouvoirs de contrôle et de sanction renforcés, ça mettrait fin au racket et autres tracasseries policières’’, a-t-il précisé.

Jean Robert Menié a déploré la dernière décision de la Préfecture de police de Libreville, relative au recouvrement des taxes de l’État. ‘’C’est très dangereux ce que dit le préfet de manière ouverte et élégante. Depuis quand, la Préfecture de police est une entité de recouvrement des taxes de l’État ? Voilà le racket que nous dénonçons. Cette mesure du préfet de police est inadmissible’’, s’est insurgé le président du Syltteg.

Les négociations se poursuivront cette semaine, avec cette fois-ci, le ministre des Transports, le ministre de la Défense nationale et celui de l’Intérieur. Précisons que c’est grâce aux négociations en cours avec le Gouvernement de la République, que la grève générale illimitée, annoncée par le président du Syltteg, n’a pas été mise à exécution le lundi écoulé, comme annoncés.