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Nomination de Mvou Ossialas : Une atteinte aux libertés syndicales selon la Cosyrefaa 

  6 juillet 2020 à 21h09min 0 Commentaire(s)


Surpris de la nomination de leur président et porte-parole, Wielfried Erisco Mvou Ossialas, au poste de conseiller du directeur général de l’Institut gabonais de l’image et du son (Igis), le collège des présidents de la Confédération des syndicats des régies financières et des administrations assimilées(Cosyrefaa) a dénoncé, le 17 juin, cette mesure assimilée à une atteinte grave à la démocratie, à l’Etat de droit et aux libertés syndicales.

 
Nommé en conseil des ministres du 12 juin courant au poste de conseiller du directeur général de l’Institut gabonais de l’image et du son (IGIS), l’inspecteur vérificateur adjoint, Wilfried Erisco Mvou Ossialas, par ailleurs président et porte-parole de la confédération des syndicats des régies financières et administrations assimilées (Cosyref) a refusé cette nomination. Il la considère comme une manœuvre sordide ourdie contre lui pour l’empêcher de dénoncer les détournements massifs de deniers publics commis par des fossoyeurs de l’Etat.

Le 17 juin, ses camarades membres du collège des présidents de cette confédération ont condamné cette initiative, la qualifiant d’« atteinte grave à la démocratie, à l’état de droit et aux libertés syndicales ».

« La Cosyrefaa interpelle humblement le président de la République, la communauté nationale et internationale sur les dérives visant à restreindre les libertés syndicales au Gabon et plus précisément au sein du ministère de l’Economie et des Finances », a déclaré le 1er vice-président de la confédération, Carlos Roberto Otounga, affirmant que cette manœuvre vise à éloigner son leader de l’arène syndicale.

Se réservant le droit d’épuiser toutes les voies de recours pour garder Wilfried Erisco Mvou Ossialas au sein du ministère, Carlos Roberto Otounga n’a pas manqué de rappeler que la Cosyrefaa est un partenaire de l’Etat et que le Gabon est signataire de nombreux traités internationaux visant à protéger l’activité syndicale qui est encadrée par des textes supranationaux et nationaux.

Il a notamment cité les conventions de l’OIT N°87, article 3 alinéa 2 qui stipule que « les autorités publiques doivent s’abstenir de toutes interventions de nature à limiter ce droit ou en entraver l’exercice légal » ; la convention OIT n°151, annexe B, partie II article 4 alinéa 1 qui stipule que « les agents publics doivent bénéficier d’une protection adéquate contre tous actes de discrimination tendant à porter atteinte à la liberté syndicale ».

Sur la base des textes nationaux ; la Loi n° 8/91 du 26 septembre 1991 portant statut général des fonctionnaires à son article 21 stipule que « l’exercice des droits syndicaux y compris celui du droit de grève est reconnu aux fonctionnaires … » et l’article 63 dispose que. « les nominations à certaines hautes fonctions de responsabilité, dont la liste est fixée par la loi, sont prononcées par décret pris en conseil des ministres sur une liste d’aptitude par spécialité, conformément à la constitution et aux statuts particuliers, et sous réserve que l’emploi en cause existe et qu’il soit effectivement vacant ».
Pour la Cosyrefaa, cette nomination est davantage perçue une sanction qu’une quelconque promotion. Elle vise à faire taire son leader, à l’éloignant du ministère de l’Economie et des finances.