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Point de presse des organisations de la société civiles africaines regroupées au sein du ROSCEVAC, en rapport avec le sommet Union Européenne/Afrique d’Abidjan, Côte d’Ivoire

  25 novembre 2017 à 23h08min 10993 Commentaire(s)


Alors que les Chefs d’Etats et de gouvernements d’Europe et d’Afrique convergent vers Abidjan pour la grande messe Eurafricaine, les grands groupes industriels Européens sont de plus en plus impliqués en Afrique dans les pollutions qui impactent négativement le quotidien des populations et qui accroissent le risque climatique et partant la vulnérabilité de ces populations.

Aussi, convenons-nous de souligner que c’est le lieu pour les organisations de la société civile africaine regroupées au sein du ROSCEVAC d’interpeller :
les Chefs d’Etats et de Gouvernements et l’ensemble des acteurs économiques et industriels présents à Abidjan ;
le Président de la République de France français en sa qualité d’hôte du sommet du 12 décembre 2017 sur le financement des mesures climatiques mais également en sa qualité de garant moral de l’accord de Paris sur les changements climatiques ;
le Président de la République de Guinée, Président en Exercice de l’Union Africaine ;
le Président du CAHOSCC
Et le Président de la République de Côte d’Ivoire hôte du sommet Europe/Afrique.

En tout état de cause, sur la situation des migrants noirs objets d’esclavage abjecte en Lybie et dont les causes sont multiples notamment la misère en Afrique subsaharienne et le désastre occasionné en Lybie et pour lequel nombre d’Etats ont une responsabilité directe et indirecte.

Nous dénonçons l’hypocrisie des pays Eurafricains et demandons que des enquêtes soient diligentées afin d’identifier et sanctionner les coupables.

Nous demandons aux Etats africains de prendre des mesures vigoureuses à l’instar du Burkina Faso qui vient d’expulser l’Ambassadeur de la Lybie.

Nous recommandons que l’Union Européenne et l’Union Africaine saisissent la Cour Pénale Internationale afin qu’une enquête soit diligentée.

La société civile demande d’aller au-delà des simples condamnations de principe pour véritablement proposer des alternatives économiques et sociales aux populations, car c’est en avant tout la misère qui amène ces migrant vers les routes de l’immigration en Europe et qui est à l’origine de cette situation.

C’est pourquoi nous organisations de la société civile africaine réclamons un véritable plan Marshall pour l’Afrique.

Ensuite, la situation climatique et environnementale que connait l’Afrique va entrainer les mêmes conséquences que celles vécues par les migrants économiques avec les migrants climatiques. C’est le lieu ici de dénoncer, comme l’ont d’ailleurs soulignés des reportages de l’AFP et de TV5 monde, les impacts sociaux et environnementaux des groupes industriels européens en Afrique.

En effet, de nombreux groupes industriels ne s’appliquent pas les mêmes règles d’éthiques sociétaux qu’environnementaux en Europe et en Afrique, au point que dans différents sites industriels en Afrique, c’est la désolation consécutive à des pollutions de toutes natures qui y sont observées soit pendant l’activité ou alors au terme de celle-ci.

Nous recommandons qu’il soit adopté une décision invitant les entreprises européennes à appliquer les mêmes standards environnementaux et sociaux en Afrique qu’en Europe.

Dans certains cas, l’espérance de vie des populations a été réduite de moitié et dans d’autres, les populations locales ont été amenées à quitter leur village, en raison des risques sanitaires majeurs. Ces situations vécues par les populations sont le fait de multinationales telles qu’AREVA au Gabon sur le site de Mounana ou au Niger sur le site d’Arlit et Shell au Nigeria. Le souvenir du Probo Koala à Abidjan reste encore marquer dans les esprits et dont les conséquences sont toujours perceptibles auprès des populations.

Enfin nous dénonçons également l’agro-industrie qui se développe de façon exponentielle en Afrique et qui amène à détruire de grandes superficies de forêts au bénéficie notamment des industriels Européens et qui ne permet toujours pas aux populations d’acquérir une indépendance sociale et économique.

De nombreux pays tels que la Cote d’Ivoire, le Cameroun, le Ghana en sont victimes au point que nombre de jeunes rapatriés de Lybie en sont issus car n’ayant aucune perspective dans leur pays, le chemin de l’aventure devient une alternative alléchante.

Aussi, compte tenu de ce qui précède, la société civile Africaine et en l’occurrence le ROSCEVAC, Croissance Saine Environnement, le Haut Conseil des Acteurs Non Etatiques, Afrique Sans Frontière, le Forum National sur la Dette et la Pauvreté (FNDP) invitent les Chefs d’Etats et de Gouvernements présents à Abidjan à faire de la question de la responsabilité sociétale et environnementale des entreprises européennes un sujet majeur de leur échanges afin d’amener les grands industriels à réhabiliter les sites pollués par leurs activités.

Par ailleurs, nous invitons les organisations non gouvernementales européennes et internationales à faire le relais de ces préoccupations qui mettent en péril l’avenir de la jeunesse africaine et l’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD) actés par les Nations Unies ainsi que l’Agenda 2063 de l’Union Africaine.

Nicaise MOULOMBI, Président Exécutif du ROSCEVAC