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Port d’Owendo : le groupe Bolloré assigne le Gabon en justice 

  2 octobre 2017 à 00h04min 0 Commentaire(s)


Le géant français en transport, logistique et communication a déposé une plainte, en avril dernier, contre le Gabon, devant une cour d’arbitrage de Paris, pour non-respect de la convention de concession signée en mai 2007 avec l’Office des ports et rades du Gabon (Oprag).

Le partenariat qui lie l’État gabonais et le groupe Bolloré traverse une mauvaise passe. Le nouveau port cargo d’Owendo, une extension du port d’Owendo, contrôlé par le groupe singapourien Olam serait à l’origine de cette brouille. Et pour un règlement de cette situation conflictuelle, le groupe français a déposé une plainte contre le Gabon devant le Centre international de règlement des différends relatifs aux investissements (Cirdi), une cour d’arbitrage basée à Paris.

Au centre du litige, la gestion du terminal à conteneurs du port d’Owendo, situé dans la partie sud de Libreville. Selon le site d’information et d’opinion indépendant Mediapart, il serait reproché à l’État gabonais, le non-respect de la convention de concession signée en mai 2007 qui transfère à une filiale du groupe Bolloré l’exclusivité du service public dans l’étude, l’aménagement, la gestion et l’exploitation du terminal à conteneurs du port d’Owendo, pour une durée de 20 ans.

En effet, en mai 2007 la Société d’aménagement et de gestion du port sec de Franceville (Sageps), devenue en 2009 la Société de terminaux des conteneurs du Gabon (STCG), a conclu un contrat avec l’Office des ports et rades du Gabon, un établissement public.

La STCG était alors détenue à 49 % par le français Necotrans et à 51 % par Bolloré Africa Logistics, filiale du groupe Bolloré. Bolloré Africa Logistics a racheté les parts de Necotrans en 2016. La convention de concession signée en 2007 donnait à la STCG « à titre exclusif » la construction, l’aménagement, la gestion et l’exploitation d’un nouveau terminal à conteneurs au port d’Owendo pour une durée de vingt ans. Elle s’engageait en retour à « dynamiser l’exploitation du port » en améliorant le traitement des conteneurs, « tout en pratiquant des prix compétitifs », et à faire du terminal à conteneurs « une référence dans la sous-région ».

Un ensemble d’engagements que Bolloré Africa Logistics, peinait à respecter, selon le gouvernement gabonais qui lui reprocherait de ne pas avoir fait les investissements qu’il attendait, estimant que l’industriel français pratiquait des tarifs d’acconage (chargement, déchargement…) excessivement élevés, avec une incidence importante sur le coût de la vie.

Cependant, pour Bolloré Africa Logistics, l’État gabonais aurait violé cet accord en signant, en 2014, une autre convention avec un deuxième opérateur, Gabon Special Economic Zone (GSEZ), filiale du groupe singapourien Olam, pour la construction et la gestion d’un nouveau port en eau profonde à Owendo. Cette infrastructure, comprenant un terminal à conteneurs, a été mis en service fin mai 2017, soit 10 ans avant la fin de la concession de mai 2007. D’où la plainte de Bolloré.