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Quid de la fin de l’emploi à vie au Gabon ?

  28 février 2019 à 00h33min 0 Commentaire(s)


Mesure forte de rationalisation de la dépense publique annoncée, le mardi 26 février, par le Premier ministre gabonais, Julien Nkoghé Békalé, la fin de l’emploi à vie chez les fonctionnaires s’annonce déjà comme impopulaire. Au chef du gouvernement de rassurer de sa bonne applicabilité.

Terminé l’emploi à vie dans la Fonction publique ! Le fonctionnaire passerait désormais d’une sorte de contrat à durée indéterminée (CDI) à un contrat à durée déterminée (CDD). C’est le changement majeur qui devrait intervenir prochainement au sein de l’administration publique gabonaise. L’annonce a été faite par le Premier ministre, Julien Nkoghé Békalé, au cours de sa déclaration de politique générale à l’Assemblée nationale.

Si la nouvelle peut surprendre plus d’un, certains observateurs estiment qu’elle était dans l’air depuis quelques temps. Après le ballon d’essai qu’a été le paiement des salaires au trentième, suivi des émargements quotidiens des agents de l’Etat, d’aucuns pensent que le terrain était balisé pour que le gouvernement bascule vers une telle mesure.

Mais voilà, cette initiative, qui vise la rationalisation de la dépense publique, aura-t-elle l’assentiment des fonctionnaires, lorsqu’on sait qu’ils n’ont pas été consultés auparavant ? Avons-nous par ailleurs les moyens d’appliquer cette mesure d’évaluation sans subjectivité ? Difficile de répondre à ces questions par l’affirmative.
Il suffit de convoquer les échecs passés des opérations d’évaluations. C’est le cas de l’avancement exclusif au mérite, dont l’application continue de poser problème. Tout comme de la Prime d’incitation à la performance (PIP), qui est morte de sa belle mort, du fait, entre autres, des notations jugées arbitraires.
 
Le problème est d’autant plus profond qu’il s’agira, pour le cas de ces renouvellements de contrats, de décider de si oui ou non il faut mettre des fonctionnaires au chômage. 
Contacté ce mercredi matin, le président du Syndicat national des agents du ministère de la Fonction publique et de la Réforme administrative (Synafopra), Régis Malembe, était en colère, et a expliqué que lui et les siens « sont déjà en train de se préparer pour faire ombrage à cette décision prise de manière unilatérale, sans consulter les partenaires sociaux ». 

La fin de l’emploi à vie dans la Fonction publique rejoint une autre mesure annoncée par le chef du gouvernement, et qui consiste à réduire les effectifs de l’administration publique de 10% d’ici trois ans. Là encore, les uns et les autres se demandent quel sera le mode d’emploi pour atteindre cet objectif.
En définitive, le Chef du gouvernement gagnerait à éclairer les Gabonais sur ces grandes lignes de sa politique générale. Lesquelles ne manqueront pas de susciter des débats. Notamment en cette période où l’emploi revêt un caractère quasi-sacré.