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Quid de la gestion des kits d’accouchements gratuits ? 

  25 mars 2018 à 21h36min 0 Commentaire(s)


Alors que la gratuité des accouchements au sein des hôpitaux est rentrée dans sa phase effective, la problématique du contrôle de l’utilisation des consommables médicaux et médicaments affectés à cet effet soulève craintes et interrogations.

L’accueil de la mesure de la gratuité des accouchements dans les hôpitaux pour les mères gabonaises âgées de 18 ans au moins, décrétée par le Chef de l’État Gabonais, lors de son discours à la nation du 31 décembre 2017, apparait bien terne. Et pour cause : la pratique dans la gestion peu orthodoxe de certains biens publics rend inopérant les mesures souvent adoptées, pensent certaines bénéficiaires.

On le sait, les patients des hôpitaux publics n’ont eu de cesse de se plaindre de la traçabilité embrumée des consommables médicaux et des médicaments pourtant disposés gratuitement par le gouvernement. Une pratique qui serait à l’origine d’un certain malaise chez les usagers économiquement faibles.

Un constat à l’évidence qui pose des questions sur la gestion de ces produits. Les cliniques privées, soupçonnées de détournement, parce que propriétés des médecins opérant au sein des établissements sanitaires publics, ne verront-elles pas là un gisement d’approvisionnement ?

De même, en disposant 5400 kits d’accouchement pour le compte du mois de mars, le gouvernement a-t-il pris le soin de prévenir les ruptures en stockant l’équivalent du besoin annuel des parturientes, pour un nombre d’accouchements estimé à 50 mille l’an ?

La Douane, acteur clé dans la fourniture de ces produits, est-elle sensibilisée pour prioriser le passage des produits médicaux, de sorte à maintenir la chaine de distribution ?

En tout cas, pour Ali Bongo Ondimba, « aucune femme ne doit mourir en donnant la vie et les enfants qui naissent doivent venir au monde dans un environnement sain. L’accouchement gratuit ne doit donc pas rester que des mots, cela doit se matérialiser ».
Le souhait, estiment certains, est qu’un véritable système de contrôle se mette en place à chaque étape du circuit d’approvisionnement, de sorte à déterminer aussi bien les responsabilités, mais également garantir la célérité de leur disponibilité.

Si le secrétaire général adjoint à la Santé, Patrick Obiang Ndong déclarait récemment qu’un dispositif de contrôle avec numéro vert va être mis en place pour dénoncer les praticiens qui ne respecteraient pas la mesure, les futures bénéficiaires redoutent un contrôle souple, bien que reconnaissantes aux autorités gabonaises pour la décision matérialisée par Ali Bongo Ondimba.