ACCUEIL > ECONOMIE > Restitution de l’Étude indépendante sur l’impact économique et social d’Olam Gabon


Restitution de l’Étude indépendante sur l’impact économique et social d’Olam Gabon

  29 mai 2018 à 22h46min 0 Commentaire(s)


L’Économiste gabonais, Mays Mouissi, appuyé par le prix Goldman de l’environnement, Marc Ona Essangui, ont dressé, ce mardi à Libreville, un bilan exhaustif et externe de l’impact économique et social d’Olam entre 2010 et 2017, en présence du Premier ministre, Emmanuel Issoze Ngondet et des membres du gouvernement, a constaté l’AGP.
Selon l’économiste Mays Mouissi, qui a largement communiqué sur les impactes positifs et négatifs de la société Olam, depuis son implantation au Gabon, ‘’ la société Olam a tissé un partenariat Public-privé avec le gouvernement gabonais et détiendrait 60 % de part contre 40 % pour l’État gabonais’’.

‘’Elle s’est investie dans plusieurs secteurs d’activités entre 2010 et 2017, et aurait créé près de 17 mille emplois dans le secteur agricole dont le coût est estimé à 30 millions de francs CFA’’, a-t-il dit.
Dans la zone économique spéciale de Nkok où elle est notamment spécialisée dans le secteur bois, ‘’ la société Olam aurait investi près de 130 millions de F CFA. Elle ne se limite pas à cela, la société a également mis à contribution près de 398 millions pour la réalisation de nouveau Port d’Owendo’’.

En poursuivant sa présentation, l’économiste a signifié que ‘’le chômage au Gabon aurait baissé de 1,9 % dont 9, 9 % serait imputable à Olam et le reste à la Fonction publique’’.
En termes d’impact positif, précise l’expert,’’ l’entreprise Olam serait perçue comme étant le ‘’power bag’’ de l’économie gabonaise. L’État gabonais met à contribution d’Olam les terres et l’accompagne au travers des exonérations des taxes afin de l’aider à mieux s’implanter’’.
Par ailleurs, l’expert est revenu sur ce qui pourrait être présenté comme étant les limites et axe d’amélioration.

Sur le plan économique, souligne-t-il,’’ l’on note une faible contribution fiscale du groupe Olam et de la zone spéciale économique de Nkok, faible représentativité des industries nationaux à la Zone économique de Nkok , 0 % sur les impôts pendant 10 ans, faible impact sur les finances publiques , faible impact sur la dépendance alimentaire (364 milliards de F CFA en 2015 et 824 milliards en 2017 pour les importations, soit plus de 126 % en 2 ans), et un risque de concentration des activités’’ .

Il a par ailleurs noté ‘’le manque de publication du rapport annuel des activités d’Olam, donc un effort à faire en matière de transparence’’.
Quant à M. Marc Ona Essangui, il a dénoncé’’ l’attribution des terres par le gouvernement, le mauvais choix dans la culture du palm en lieu et place de l’hévéa’’. 
Pour lui (Marc Ona Essangui), ‘’ les activités d’Olam auraient dépassé les 10 milles hectares qui leur ont été attribués en un an. Dans ce sens, il a préconisé que l’État conseille aux opérateurs économiques sur les termes de la loi en vigueur en République gabonaise. Le but étant de ne pas aller à son encontre. Il a souhaité une uniformisation des contrats sociaux.

Les experts ont également souligné une absence de suivi médical et une réorientation du mécanisme de bio-micro projet et la création des activités créatrices de revenu, non sans relever l’insuffisance d’appui au logement.

En réponse à cette restitution, le Premier ministre gabonais, Emmanuel Issoze Ngondet a, pour sa part, loué l’action d’Olam. « Je tiens à vous rassurer de la disponibilité du gouvernement à prendre bonne note de ce qui a été préconisé. J’aimerais ajouter qu’il est bon d’avoir des échanges de cette nature avec divers acteurs, pour le bien-être des gabonais », a-t-il indiqué avant d’ajouter que « Ce qui vient d’être fait permet à Olam et à l’État de voir les imperfections à corriger. Aussi, les questions qui ont été posées permettent au gouvernement de s’interroger sur la pertinence de certains choix et notre travail est d’être à l’écoute des gabonais, pour faire avancer ces actions profitables à tous ».