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Rougier au bout du rouleaux

  12 mars 2018 à 20h45min 0 Commentaire(s)


L’avenir du groupe français Rougier est entre les mains du tribunal de commerce de Poitiers ce lundi. Le négociant en bois tropical a déposé le bilan la semaine dernière. Endetté, Rougier n’a pas résisté aux problèmes d’engorgement du port de Douala, au Cameroun. Le sort du groupe français pose plus largement la question de l’avenir des sociétés européennes dans les forêts d’Afrique centrale.

Le groupe français Rougier va-t-il pouvoir fêter un siècle de présence dans les forêts d’Afrique ? Sa situation est en tout cas très délicate, puisqu’il a dû déposer le bilan. L’ancien patron du groupe, Francis Rougier, petit-fils du fondateur, joue les pompiers à 70 ans. Il a demandé au tribunal de commerce de Poitiers d’accorder à la holding un plan de sauvegarde : un gel des créances vis-à-vis des banques ; et un plan de redressement judiciaire pour la filiale de commercialisation Rougier Afrique internationale, qui devrait se traduire par quelques suppressions d’emplois sur la quarantaine qu’elle compte à Paris.

Port de Douala sous-dimensionné

Cela ne règle pas le sort des filiales africaines du groupe, qui emploient la quasi-totalité des salariés : 2900 personnes. Rougier a des filiales dans quatre pays d’Afrique centrale. Au Gabon, Rougier se porte plutôt bien, la société forestière a digéré l’interdiction d’exporter les grumes, c’est-à-dire le bois brut, après avoir investi dans la transformation sur place. Et les expéditions sont fluides à partir du port de Libreville.