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S’inscrire dans l’action et non dans la réaction !

  28 octobre 2018 à 22h05min 0 Commentaire(s)


Les populations gabonaises restent impatientes quant aux mesures de sécurité idoines devant faciliter un retour à la sérénité dans les différentes provinces. Elles ne comprennent pas qu’il n’y ait pas de dispositifs sécuritaires durables, à même d’éradiquer véritablement le phénomène de l’insécurité au Gabon. Les autorités et autres corps spécialisés en la matière faisant uniquement dans la réaction, voire les opérations ponctuelles.

Il ne se passe plus un mois, au Gabon, plus précisément dans l’une des 9 provinces que compte le pays, sans pour autant qu’un meurtre ou des braquages à main armée ne soient perpétrés puis relayés dans les réseaux sociaux. 
Ce qu’il y a de surprenant, dans cette vulgarisation d’actes immoraux et crapuleux, qui témoignent d’une insécurité galopante, est, le peu d’intérêt accordé à une certaine échelle, sommes-nous tentés de dire, par les autorités politiques, religieuses et autres associations à l’échelle nationale, au-delà des rares réactions ponctuelles du ministère de l’Intérieur (communiqués, descentes sur le terrain) ou autres réponses aux questions sur l’insécurité dont des solutions durables tardent à venir. 

Dans un Etat d’environ deux millions d’habitants, sans les expatriés, les observateurs de la vie publique estiment que les autorités compétentes peinent encore à trouver de remèdes au phénomène de l’insécurité au Gabon. Chose étonnante au vu des effectifs pléthoriques dans les corps et partant les recrutements et autres budgets inscrits chaque année dans la loi des finances, en vue de doter les forces de Défense et de sécurité, d’équipements à la dimension des défis à relever.
Il ne suffit plus de communiquer ou de mettre en garde des bandits et autres récidivistes, pour que le miracle, en ce qui est de la sécurité des personnes et des biens se produise au Gabon, indique M. Aimé Obiang, victime de braquage. Les opérations visant à éradiquer ce fléau devraient être pérennes et la police de proximité impacterait de manière positive, dans le quotidien des populations, renchérit-il.

C’est le fait de relâchements, en ce qui est de la vigilance chez les forces de l’ordre et de sécurité, qui expliquerait que les bandits qui écument les villes du Gabon, sans être inquiétés, reprennent du poil de la bête, créant psychose et semant la désolation chez les citoyens, précise-t-il. 
Plus grave, les religieux, les acteurs de la société civile, les politiques, les leaders d’opinions, sembleraient ne pas faire de la dénonciation et de la recherche des solutions du phénomène de l’insécurité une priorité. Ils brillent bien au contraire par un désintéressement, qui justifierait de la distance qui s’opère, au fil des ans, entre les résidents des cités urbaines hautement sécurisées et autres laissés pour compte, c’est-à-dire, les habitants de Kinguélé, des Akébés, Rio, des PK, Bangos, Plein-ciel, Venez-voir, Ça m’étonne, Rougier, Nzeng-Ayong, Nkembo, Cocotiers, Avéa, la Sorbone, Derrière l’hôpital, etc.

Oui, l’insécurité dont les citoyens font les frais au quotidien, ne constituerait pas la priorité, s’accorde à dire désormais le commun des Gabonais vivant dans la psychose. Que vous soyez à pieds ou en voiture, les bandits n’hésitent plus à multiplier les agressions, les meurtres et vols à la tire, et ce de jour comme de nuit, sous les yeux parfois agents de forces de l’ordre médusés. 
En témoigne, la récente vidéo publiée dans les réseaux sociaux par un riverain, laquelle montre des braqueurs opérant en pleine heure de pointe, machettes à la main, sur la voie express, à Plein ciel. Fort heureusement ils ont été mis hors d’état de nuire, pour certains du moins, les heures qui ont suivi. 

 
A propos d’ailleurs, la réaction des autorités, dont celles en charge de la sécurité publique, n’est pas de nature à rassurer les populations. Lesquelles estiment qu’on ne devrait pas être dans la réaction ! Mais plutôt dans l’action. Agir, selon elles, c’est mettre en place un système de sécurité publique qui échapperait désormais à la dimension temporelle : sans interruption ! Ce n’est qu’ainsi qu’on éradiquera le grand banditisme et que sera retrouvée une certaine sérénité. 

Ils sont nombreux à s’arc-bouter sur la récente sortie de la première institution, pour témoigner d’un intérêt particulier à la question de l’insécurité au Gabon. Partant, la recherche des solutions devant participer à un probable retour à la quiétude, chez les citoyens Gabonais, oubliant que le mal est profond et qu’il ne saurait avoir pour remèdes, des actions ponctuelles. 
D’autant qu’en ce qui est d’une stratégie véritable de lutte contre l’insécurité, l’Etat reste évasif, sinon, dans les effets d’annonces et autres interpellations et intimidations. Il faut diagnostiquer le mal, pour espérer trouver le bon remède. Le diagnostiquer, c’est dénoncer les passes droits entre certains pontes, connus pour être les amis des bandits de grand chemin dont ils sont les commanditaires. 

Ce n’est un secret pour personne, certains bandits bénéficieraient de complicités au plus haut niveau, indiquent des officiers de police judiciaire (OPJ), excédés de voir ces derniers les narguer, alors qu’ils ont bien été placés sous mandat de dépôt quelques jours auparavant dans les tribunaux de provinces. 
De plus, les personnes, dont l’affiliation familiale avec des grands noms à l’échelle nationale n’est plus à démontrer, seraient également au cœur des trafics de drogues. Lesquelles sont vendues aux bandits dans des environnements identifiés et fort heureusement en voie de destruction par les services compétents. Il faut préciser que c’est sous l’effet de ces drogues qu’ils opèrent ; d’où le lien établi. 

Autres aspects, l’environnement carcéral ne donnerait pas de meilleures chances aux prisonniers en vue d’une réinsertion sociale. Pire, l’Etat ne prévoit rien pour leur permettre de se réinsérer. Une fois sortis de prison, ils (repris de justice) récidivent dans le but d’y retourner plus rapidement, car, se sentant mieux en prison qu’en liberté, disent-ils.
La question de l’insécurité mérite d’être traitée avec beaucoup de sérieux. La regarder juste lorsqu’un fait majeur se produit n’est pas à favoriser son éradication. Et, c’est tout le reproche que la population et autres universitaires approchés en vue d’apprécier autrement le phénomène de l’insécurité au Gabon, font aux autorités compétentes.

Il faudrait mettre en place un système de sécurité durable qui ne s’inscrira plus dans la réaction. Une police de proximité à la hauteur de la détresse du peuple. Revisiter la question de la réinsertion des repris de justice, non sans mettre hors d’état de nuire les commanditaires et autres vendeurs de drogues, pour espérer aller de l’avant en matière de lutte contre l’insécurité au Gabon.